Accéder au contenu principal

Du temps perdu



Parce que ce serait du temps perdu
et que je n'ai plus beaucoup d'eau
dans ma clepsydre
je m'éloigne pour ne pas te haïr.

Parce que tous les malentendus
ces mots qui m'ont rayé le coeur
comme un vieux disque
qui bute contre une larme
plutôt qu'un rire,
partir.

Tourner la tête en emportant ses yeux
aussi loin que possible
donner tout au fond une poussée
et défaire l'attraction
qui n'entraine qu'à l'abime.

Parce que le fol espoir à les cheveux bleus
du ciel
et qu'en moi l'amour toujours d'en haut
appelle,

partir.

Parce que j'ai déjà perdu trop de temps
à caresser les chimères,
les contours d'un rêve saugrenu
plein d'épines,
puisque tu ne m'aimes pas
et que je ne t'aime plus,
partir.


2013

Christian Schloe



Commentaires

  1. Comme quoi il est possible d'exprimer les choses simplement, clairement, et de très belle manière ;-)

    RépondreSupprimer
  2. Cé Choli !
    Juste je bute sur "je ne t'aime plus".
    Car j'ai toujours du mal à accepter qu'on puisse ne plus aimer. Je préfère dire qu'on a jamais aimé, qu'on a cru aimer, et que les quelques fois où on aime en vrai, on aime toute la vie.
    Car pour moi l'amour est inconditionnel, on ne peut donc pas dire aimer sous certaines conditions qui si elles disparaissaient signeraient la fin de cet amour.
    C'est le décalage entre "tu ne m'aimes pas" et "je ne t'aime plus" qui me fait du mal en tant qu'homme avec un petit h ;-)

    RépondreSupprimer
  3. Bonjour mon "vieux" compère :) Bien sûr que tu as raison: si on aime vraiment on aime toujours. Et parfois dire "je ne t'aime plus" c'est encore avouer qu'on aime...si tu te souviens c'était le sens de ma première "lettera amorosa", c'était une lettre de rupture qui s'achevait par l'aveu de l'amour toujours.Tiens il faudrait que je les reposte ici, pour étoffer le site.

    Sinon , comment vas-tu?

    RépondreSupprimer
  4. Saint Nicopain de Pep Noël19 décembre 2013 à 22:10

    Tiens! Mon bien aimé Pep qui passe par la cheminée 6 jours à l'avance...
    Suggestion:Amoureux peut se conjuguer au passé, aimer se conjugue au futur. Un futur pas toujours facile à atteindre ajouterai-je.

    RépondreSupprimer
  5. Bin mon cadeau de Noël c'est votre présence ici, manque plus que ma Sophinette, Ka et Bifane. Mais si nous faisons partie d'un groupe c'est celui des évanescents, alors...:)

    Des bises chocolatées pour vous mes lutins.

    RépondreSupprimer
  6. @Saint Nicopain: Merci ;-) j'aimerai conjuguer au présent, juste entre "regrets éternels" et "vie éternelle" !

    @Dé: Merci, moi aussi je suis content de passer par ici, ça fait du bien. Comment ça des bises chocolatées, tu as déjà commis le péché de chocolat ?

    RépondreSupprimer
  7. Oui j'ai beaucoup péché mon père ^^

    RépondreSupprimer
  8. Depuis mon pc portable j'ai du mal à poster, 3 fois que j'essaie. Mais je veux bien l'article sur le cancer et le lait.

    RépondreSupprimer
  9. l'amour est comme la ligne de l'horizon, une simple abstraction.
    L'on peut se satisfaire de regarder l'horizon mais on ne peut le toucher.
    De même l'on croit aimer mais c'est aussi une illusion.
    Alors comme l'affirmait Montherlant:
    " vive qui m'abandonne il me rend à moi même "
    Douce année Désirée et écris toujours des mots qui séduisent ou interpellent.
    Renaud

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Fille du non-vouloir

Petit haricot de cellules tourbillonnantes qui a grandit dans un océan de larmes en guise de liquide amniotique, voilà le fond de tristesse qui clapote en son âme. A travers l'épaisseur de la chair a t'elle senti les coups ? Par le cœur de sa mère a t'elle entendu les injures ? « Putain » disaient-ils en choeur en insultant une vierge. Enceinte certes, mais vierge.
Le secret dévoilé au bout de tant d'années d'incompréhension et de douleur. L'ignorance des jeunes de cette époque-là, tout se résumait à cela. Parce qu'on ne parlait pas de « ça » en ce temps-là.

Quarante ans de bagne à traîner un boulet plus gros qu'elle.

Et tout enfin, se mettait en place, toutes les pièces du puzzle. Tous les détails s'assemblaient pour dresser le portrait de la bêtise crasse. Le regard bleu glacé de colère méchante du père, comme une guerre froide face à l'innocence de ce petit visage. Son cœur à elle qui ne comprenait pas pourquoi. Et qui tentait encore et …

Des mots qui volent tout seuls...

Si j'avais dû voler des mots, j'aurais volé ceux de Christian (Bobin) ou ceux de Andrée (Sodenkamp) qui m'ont si bien nourris,  et ceux de quelques autres qui m'ont un jour transpercée, puis ont fait en moi des petits.

J'aurais volé des mots étincelants de lumière, aussi beaux que le matin. J'aurais volé la profondeur et l'altitude, j'aurais volé la clarté et le sens.

Mais plutôt que des mots si j'avais dû voler quelque chose, j'aurais volé un coeur.

Voire, une âme.

Mais je n'ai jamais rien volé. Si j'ai volé quelqu'un ce n'est que moi-même. Ma muse c'est moi. C'est ma voix intérieure. Rien ne me vient de l'extérieur que je n'ai ré-inventé, re-crée. Cela me parait tellement évident. On ne parle jamais que d'un autre que l'on invente, interprète, un autre déformé, un Autre autre. Comme l'écrivait Christian Bobin: "L'homme dont je parle dans mes livres n'existe pas". De même, l'hom…

D'un monde à l'autre

J'ai rêvé de Paul cette nuit.

Mes parents m'annonçaient cette incroyable nouvelle:  Paul était à nouveau vivant!

A nouveau j'avais dix-sept ans. Je courais chez lui le coeur battant, sonnais à la porte de la maison rose de ses parents. Cécilia, sa soeur, m'ouvrait. Elle rayonnait: "Oui, c'était bien vrai, Paul était de retour parmi nous." C'était un miracle. Un vrai miracle.

Puis Paul passait derrière sa soeur, me souriait sans s'arrêter. Sans me reconnaître.

L'incrédulité et la stupeur, une joie, un espoir immense m'envahissaient alors. Une affreuse angoisse aussi. Quelque chose avait changé. C'était pourtant bien Paul. Ses boucles châtains se balançaient encore de chaque côté de son beau visage qu'aucun gros fil chirurgical ne raccommodait pour le rendre présentable à ceux qui avaient eu la lourde tâche de lui survivre. Son sourire était ce même sourire irrésistible que celui "d'avant". Paul souriait et le monde ro…