Accéder au contenu principal

Aimer encore









Aimer
C'est aussi renoncer à débattre.
Non par lassitude
Mais par éblouissement.
C'est voir l'extrême vacuité de tout
Des mots
De l'élan guerrier du point de vue
Des dogmes
C'est choisir délibérément
D'être en paix
En lumière, en soi, pour soi
Sans l'autre souvent
C'est lui abandonner la joie
Aussi vaine soit-elle
D'une victoire
Et savoir jusqu'au coeur de son coeur
Que l'on a fait dans un sourire d'amour vrai
Le bon choix.



2014

Commentaires

  1. Il y a longtemps que je n'avais pas lu un texte aussi beau et aussi fort sur l'amour…
    je le garde par devers moi ! Je vais même l'imprimer…

    RépondreSupprimer
  2. J'ai souvent des états d'âmes quand je m'en reviens de chez mes proches. Le goût du sang en famille ça m'a longtemps blessée et surtout stupéfiée. Aujourd'hui je suis capable de prendre beaucoup de distance, capable de prendre en compte leur histoire, leurs souffrances et à partir de là dépasser totalement celles qui me sont infligées sans aucune raison. C'est fou comme apprendre à voir les choses de plus haut, plus en profondeur, nous épargne beaucoup de douleur.

    Merci Alain, une bonne journée :)

    RépondreSupprimer
  3. C'est tellement vrai ce que tu dis...
    Renoncer, déposer les armes, le plus bel acte d'amour.
    ¸¸.•*¨*• ☆

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'ai longtemps encaissé. Aujourd'hui je me laisse traverser. Ce qui traverse ne reste pas, ou alors laisse à peine une trace. C'est toujours mieux qu'une balafre ;)

      Supprimer
  4. Je peux décrypter tes mots en double lecture, double compréhension... mais le fond ressenti est si juste, Dé, si profond, avec toujours, cette pointe de mêle-ancolie que j'aime lire ici, ...et vit en paix. Merci.
    Den

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah ça me fait plaisir parce que sans vraiment le vouloir j'ai une écriture à "tiroirs" et que je ne suis pas bien claire parfois. J'écoute la petite voix intérieure et parfois elle ne parle pas un langage très compréhensible...

      Je crois que lire entre les mots la poésie c'est tout à fait essentiel pour approcher du coeur de celle ou celui qui écrit. Merci pour ça Den ;)

      Supprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Fantasme et fantaisie

Imagine que ton plus grand fantasme ce soit de te voir servir au matin quand tu te réveilles, un énorme croissant - mais énorme hein, une viennoiserie maousse costaude - tout chaud, avec cette petite croûte dorée croustillante et cette senteur délicate, appétissante de beurre frais qui vient te chatouiller les narines, faire de tes glandes salivaires les chutes du Niagara ou du Zambèze (qui baise pas malgré son nom). Un fantasme si jouissif que tes papilles en fondent de désir tel le beurre dans la poêle à frire...

Bon. Imagine maintenant qu'un matin tu te réveilles parce qu'on sonne à ta porte. Tu ouvres et c'est ton fantasme (comment il a sonné? Avec l'une de ses "pointes" tiens pardi!) Tu es au bord de la pâmoison devant sa "chair" (c'est un croissant n'est-ce pas, pas une côte de boeuf!) soudain incarnée et il est tout comme tu l'avais imaginé: il sent bon et sa dorure te fait de l'oeil. Tu déglutis les chutes du Zambèze dans to…

Compte à rebours

Ô Mère.

Pendant qu'on t'assassine
pendant que tu râles à travers tous tes oiseaux,
tes baleines et tes lions,
pendant que disparaît ta musique d'abeilles,
que le silence tombe sur la Terre
comme sur un cimetière,
avec tous les autres, je fais bonne figure.

J'écris l'amour pour assécher le désespoir,
j'écris à mon coeur puisque c'est écrire au tien,
puisque nous sommes tous liés
- moutons noirs moutons bleus -
dans la même gerbe de blés tombée dans le feu.

Ô Mère, ma lumière avec toi s'éteint
Et je souris encore, pour protéger les miens.

Je porte le masque des jours glissants
rapides sous la faux,
et pour ne pas mourir trop vite
j'écoute de plus en plus souvent
ton chant toujours puissant en moi,
qui monte et fait de ma bouche un appeau.
Je suis bien trop petite pour être ton porte-voix,
mais je ne sais plus vivre
sans être vive de toi.


2017

Ce qui restera

Il y a un peu plus d'un an disparaissait l'une de mes plus anciennes amies de toile. Elle était poète et s’inquiétait de ce que deviendraient ses textes après elle. Quelques semaines avant son décès soudain elle s'en ouvrait encore à moi. Certes on peut toujours se dire que ce ne sont que des mots, mais en vérité c'est bien plus que ça.

"J'écris pour que le jour où je ne serai plus
On sache combien l'air et le plaisir m'ont plu,
Et que mon livre porte à la foule future
Combien j'aimais la vie et l'heureuse nature."  Écrivait Anna de Noailles. Andrée sodenkamp, cette immense poète belge quasi-inconnue, écrivait à sa manière très terrienne et charnelle qu'elle nous porterait à travers ses poèmes "de beaux morceaux de corps".

Agnès est partie sans avoir eu le temps de rien. Je vais donc me laisser "à ceux qui se hasardent à chercher dans les mots l'ombre des pauvres morts" *.

Pour cela j'ai ouvert un blog-recu…