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Facéties



Il parait que je ne suis pas "commode".

C'est vrai, je ne suis pas de bois. Je ne suis pas meuble. On ne me déplace pas à son gré de la chambre au grenier. On ne me fait pas avaler n'importe quoi même si c'est le foutoir dans ma tête à tiroirs. J'ai un mental d'abeille entre dard et miel. D'ailleurs, je sens plus le caustique que la cire de mes ancêtres. C'est ma capacité d'armoire normande à la dérision et à la tendresse qui me fait briller. Mais ne brossez pas Martine: l'égo est bien rangé. Avec les mites et les vieux papiers. A quoi bon n'être que JE quand on glisse à l'intérieur de tous les autres par leurs yeux, leur bouche?

N'être que flots.


Commentaires

  1. Quelle bel écritoire qui met les mots sur la sellette. on n'en prend plein l'buffet. On se marre, on pouf, comme au temps du bahut.
    cela donne envie de se faire la malle.
    grâce à ton texte on se console des malheurs surtout quand on n'en a plein la bibliothèque.

    c'est vraiment le bonheur du jour.
    ;-)

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    1. Ah mais j'aime rigoler et écrire pour rigoler, faut pas croire. Bon il est vrai que j'ai fréquenté des milieux et des gens si snobs et si coincés qu'ils pensaient que le rire était une chose vulgaire qui abêtissait. J'y ai laissé j'avoue beaucoup de ma capacité à écrire des textes joyeux, beaucoup de ma joie intérieure, rajoute à cela mon fameux "fond de tristesse" et le résultat c'est que je n'écris plus que des mots graves et sans doute un poil chiant. Pourtant c'est tellement difficile de faire rire l'autre, c'est un vrai don!

      J'ai aussi dans mes carnets des textes très irrévérencieux, et je te confesse que si Vian est là dans mes colonnes, c'est parce que je veux conserver ma liberté d'écrire comme je l'entends. Même si ça ne plait pas à tout le monde. La poésie n'est pas une vieille sclérosée posée sur deux fesses pointues, pour moi c'est une forte femme ;)

      Bises et bonne journée cher Alain (j'ai commencé à lire C&J chez toi je laisserai un mot quand j'aurai terminé)

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  2. Jouons cartes sur table : c'est effectivement un grand bonheur de te voir ainsi jouer avec les mots.
    Tu as du talent plein tes armoires, ça nous console, on est gais, ris donc !
    ¸¸.•*¨*• ☆

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  3. Un petit coucou en passant, Dé.. j'ai souri. Merci pour tes mots qui jouent à être autres, pas seulement ce qu'ils offrent en façade... . J'aime.
    Den

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    1. Merci d'être passée Den c'est très gentil :)

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Fantasme et fantaisie

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Compte à rebours

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Pendant qu'on t'assassine
pendant que tu râles à travers tous tes oiseaux,
tes baleines et tes lions,
pendant que disparaît ta musique d'abeilles,
que le silence tombe sur la Terre
comme sur un cimetière,
avec tous les autres, je fais bonne figure.

J'écris l'amour pour assécher le désespoir,
j'écris à mon coeur puisque c'est écrire au tien,
puisque nous sommes tous liés
- moutons noirs moutons bleus -
dans la même gerbe de blés tombée dans le feu.

Ô Mère, ma lumière avec toi s'éteint
Et je souris encore, pour protéger les miens.

Je porte le masque des jours glissants
rapides sous la faux,
et pour ne pas mourir trop vite
j'écoute de plus en plus souvent
ton chant toujours puissant en moi,
qui monte et fait de ma bouche un appeau.
Je suis bien trop petite pour être ton porte-voix,
mais je ne sais plus vivre
sans être vive de toi.


2017

Ce qui restera

Il y a un peu plus d'un an disparaissait l'une de mes plus anciennes amies de toile. Elle était poète et s’inquiétait de ce que deviendraient ses textes après elle. Quelques semaines avant son décès soudain elle s'en ouvrait encore à moi. Certes on peut toujours se dire que ce ne sont que des mots, mais en vérité c'est bien plus que ça.

"J'écris pour que le jour où je ne serai plus
On sache combien l'air et le plaisir m'ont plu,
Et que mon livre porte à la foule future
Combien j'aimais la vie et l'heureuse nature."  Écrivait Anna de Noailles. Andrée sodenkamp, cette immense poète belge quasi-inconnue, écrivait à sa manière très terrienne et charnelle qu'elle nous porterait à travers ses poèmes "de beaux morceaux de corps".

Agnès est partie sans avoir eu le temps de rien. Je vais donc me laisser "à ceux qui se hasardent à chercher dans les mots l'ombre des pauvres morts" *.

Pour cela j'ai ouvert un blog-recu…