Marie H.


"Mais il me reste un fils, Madame. Vous saurez quelque jour pour un fils, jusqu'où va notre amour." Andromaque de Racine.

Au-delà de la polémique sur l’euthanasie je repensais à Marie Humbert et une évidence m'a frappée: une mère qui tue son enfant pour abréger des souffrances que les hommes ne peuvent plus soulager, commet le plus grand acte d'amour qui soit.

On pourrait le percevoir comme un acte d’égoïsme insoutenable mais c'est exactement le contraire. C'est tout le contraire. Cette mère a rendu son fils en s'arrachant le coeur jusqu'à l'âme comme les abeilles s'arrachent le ventre quand elles piquent pour se défendre...

Quand la vie n'est plus humaine et que la mort le devient.

Fermer une porte et en ouvrir une autre, toute grande. Sur une possible lumière, en tout cas le repos.

Commentaires

  1. Au-delà de la justification d’un tel acte, car tout jugement me paraît aussi impossible que la simple compréhension lorsque l’on n’est pas soi-même concerné ; au-delà donc de ces considérations, vaines en ce sens, j’ose à peine imaginer le déchirement d’un parent face à un tel dilemme ! Ni l’anéantissement qui fatalement conclura l’horreur ! J’espère de tout mon être n’avoir jamais à envisager une telle extrémité. Je sais que dans tous les cas elle signerait mon arrêt de mort !

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  2. Hello David :) Il y a longtemps que mes peurs les plus sourdes m'ont amené à cette idée. En lisant ici et là tous ceux qui appelaient "à la fin du système", je priais secrètement pour qu'il change mais ne disparaisse pas. J'ai une enfant malade tributaire de traitements lourds et coûteux. Financièrement je ne pourrai pas assumer le coût de ce traitement. Et si demain il y avait une guerre, si demain il n'y avait plus de médicaments, si demain le monde que l'on connait sombrait dans le chaos, regarderai-je mon enfant souffrir jusqu'à la mort où ferai-je quelque chose pour la soulager qui va à l'encontre de mon immense amour pour elle? Je sais déjà la réponse. Et comme tu le dis une telle extrémité signerait ma mort car je ne pourrai pas ne pas l'accompagner.

    C'est un sujet sur lequel nous pouvons discuter longuement, en vain même, car parfois les idées ne tiennent plus face à certaines réalités.

    Merci d'avoir apporté ta pierre mon ami. J'espère que tu vas bien, tu es si silencieux...

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  3. Bonsoir chère Désirée.
    Je passais par là, te faire une courte visite d'amitié et me voilà lisant ce texte, si beau, si grave, si...
    Que dire, sinon que j'en suis bouleversée ! Je suis mère moi aussi et sans comprendre vraiment je ressens tes mots dans ma gorge serrée.
    Je t'envoie toute la tendresse que pourront contenir ces quelques lignes.
    A bientôt

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    1. Merci d'être passée douce Cath. J'espère que tout va bien pour toi :) Bisou

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  4. Hello Dez,

    Je pense que souvent, l'insupportable est de ne pouvoir se résoudre qu'à l'insupportable.

    Aussi, avoir le choix de pouvoir supporter l'insupportable, peut apparaître, comme seule extrême solution, quelque part enfin plus supportable...


    Un film qui peut aider à cette compréhension :

    http://www.ecranlarge.com/movie_review-read-10069-14197.php


    Biz²

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    1. Hello ma petite abeille...la vie, le hasard, un sale con inconscient, t'ont arraché le ventre. Alors tu vois clair. Ta première phrase me touche en pleine poitrine. Le courage qu'il faut face à la souffrance ou à la mort de son enfant, personne ne peut l'imaginer. Et puis vivre encore après, cela dépasse l'entendement. C'est comme vivre amputé de tout ses organes. A vif. Mais il y a l"autre aussi. Le compagnon de vie, les autres enfants. Encore là tu vois, j'imagine que certains ont dit que Marie H. était toujours vivante contrairement à son fils. Mais quelle vie vit-elle? C'est méconnaître l'amour que d'insinuer que l'on peut participer à la mort de son enfant et s'en trouver soulagé...

      J'irai zieuter ton lien dès que possible. Je t'embrasse doucement :*

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