Accéder au contenu principal

Yoda a tort



C'est facile l'Amour.

C'est difficile la haine.

L'Amour ça coule de source, c'est la petite fontaine intérieure, celle de marbre blanc au milieu des fleurs au palais du sultan. L'eau est toujours en murmure quel que soit le bruit que l'on fait, si on écoute: on l'entend. Elle apaise toute soif pour un peu qu'on l'étanche.

La haine demande tant d'énergie pour exister. Il faut entretenir la colère, jeter des tas de mensonges que l'on se fait à soi-même dans le feu, fabriquer tant de bile noire, de caillots pour se boucher les grandes orgues du coeur et s'opacifier les yeux, pour fermer le poing et frapper. Tout cela demande beaucoup d'énergie.Il faut n'être plus qu'un fût nucléaire de feu mort, blanc. Quand celui de l'Amour est tout d'ors rouges et vivant. Il faut avoir brûlé son cerveau et la pensée de printemps que tous nous recélons, presque détruit son âme. Certains parce qu'ils sont perdus depuis l'aube de leur vie y arrivent, d'autres jamais ne le pourront, même battus comme plâtre par une indigne parentèle, l'or toujours débordera de leurs yeux.

Je suis très fainéante. La colère me coûte trop cher à l'entretien. Il faut trop se travailler au corps et au mental pour la conserver, je n'ai pas de patience pour cela. Je m'embrase aussi vite que je m'éteins et on s'étonne que mon sourire revienne soudain. Pour la haine je n'ai aucune constance. On me pense versatile quand l'ombre n'a juste qu'une faible prise sur mes lumières.

Pour l'Amour par contre ma patience n'a plus de borne, ma fidélité est celle des astres et des pierres. Rien ne m'atteint à cet endroit-là. La haine et tous les sombres sentiments meurent quand elles s'en approchent. L'Amour est mon talisman protecteur...

Commentaires

  1. Voila une présentation fort intéressante du duo infernal haine / amour !
    Facile / difficile !
    Pourquoi pas !
    Si la haine épuise... l'amour aussi.... enfin parfois !

    RépondreSupprimer
  2. Bonjour Alain, et bienvenue.

    Je rebondis sur cet "amour qui épuise" et me demande alors si c'est "vraiment" de l'amour. A regarde au fond de moi je me rends bien compte que l'amour est inépuisable...alors quand je fatigue à être simplement bonne, douce, dans la compassion, la compréhension parce que bon, mon prochain parfois c'est vraiment dur de l'aimer, je me dis que je ne suis pas "reliée" correctement à ma source.

    La haine épuise, l'amour aussi parfois. Mais je dirai que ce n'est pas de la même façon. L'amour épuiserai un peu comme après un travail bien fait, la haine épuiserai plus en vain. Enfin je ne sais pas si je suis bien compréhensible :)...je mets de la légèreté dans mon propos pour ne pas être pesante justement, et très peu d'égo.

    RépondreSupprimer
  3. Le "goût" que cela laisse aussi. L'amour qui épuise laisse quand même un goût de miel, la haine une amertume...

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Fantasme et fantaisie

Imagine que ton plus grand fantasme ce soit de te voir servir au matin quand tu te réveilles, un énorme croissant - mais énorme hein, une viennoiserie maousse costaude - tout chaud, avec cette petite croûte dorée croustillante et cette senteur délicate, appétissante de beurre frais qui vient te chatouiller les narines, faire de tes glandes salivaires les chutes du Niagara ou du Zambèze (qui baise pas malgré son nom). Un fantasme si jouissif que tes papilles en fondent de désir tel le beurre dans la poêle à frire...

Bon. Imagine maintenant qu'un matin tu te réveilles parce qu'on sonne à ta porte. Tu ouvres et c'est ton fantasme (comment il a sonné? Avec l'une de ses "pointes" tiens pardi!) Tu es au bord de la pâmoison devant sa "chair" (c'est un croissant n'est-ce pas, pas une côte de boeuf!) soudain incarnée et il est tout comme tu l'avais imaginé: il sent bon et sa dorure te fait de l'oeil. Tu déglutis les chutes du Zambèze dans to…

Compte à rebours

Ô Mère.

Pendant qu'on t'assassine
pendant que tu râles à travers tous tes oiseaux,
tes baleines et tes lions,
pendant que disparaît ta musique d'abeilles,
que le silence tombe sur la Terre
comme sur un cimetière,
avec tous les autres, je fais bonne figure.

J'écris l'amour pour assécher le désespoir,
j'écris à mon coeur puisque c'est écrire au tien,
puisque nous sommes tous liés
- moutons noirs moutons bleus -
dans la même gerbe de blés tombée dans le feu.

Ô Mère, ma lumière avec toi s'éteint
Et je souris encore, pour protéger les miens.

Je porte le masque des jours glissants
rapides sous la faux,
et pour ne pas mourir trop vite
j'écoute de plus en plus souvent
ton chant toujours puissant en moi,
qui monte et fait de ma bouche un appeau.
Je suis bien trop petite pour être ton porte-voix,
mais je ne sais plus vivre
sans être vive de toi.


2017

Ce qui restera

Il y a un peu plus d'un an disparaissait l'une de mes plus anciennes amies de toile. Elle était poète et s’inquiétait de ce que deviendraient ses textes après elle. Quelques semaines avant son décès soudain elle s'en ouvrait encore à moi. Certes on peut toujours se dire que ce ne sont que des mots, mais en vérité c'est bien plus que ça.

"J'écris pour que le jour où je ne serai plus
On sache combien l'air et le plaisir m'ont plu,
Et que mon livre porte à la foule future
Combien j'aimais la vie et l'heureuse nature."  Écrivait Anna de Noailles. Andrée sodenkamp, cette immense poète belge quasi-inconnue, écrivait à sa manière très terrienne et charnelle qu'elle nous porterait à travers ses poèmes "de beaux morceaux de corps".

Agnès est partie sans avoir eu le temps de rien. Je vais donc me laisser "à ceux qui se hasardent à chercher dans les mots l'ombre des pauvres morts" *.

Pour cela j'ai ouvert un blog-recu…