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Pablo Neruda






Je te laisse : aussitôt
Tu circules en moi, cristalline
Ou tremblante
Ou inquiète, blessée
par moi
Ou tout d’amour comblée, comme en cet instant
Où tes yeux
Se ferment sur le présent de la vie
Que je ne cesse de t’offrir.
Mon amour,
Quand nous nous sommes rencontrés
Nous avions soif et nous avons
Bu toute l’eau et tout le sang,
Quand nous nous sommes rencontrés
Nous avions faim
Alors nous nous sommes mordus
Comme le feu,
Il nous resta des blessures.
                               
Mais attends-moi
Garde-moi ta douceur.
Et je t’offrirai aussi
Une rose.

Commentaires

  1. On croirait entendre Jean-Pierre Léaud qui lit du Marcel Amont !


    Preferiremos :


    Apenas te he dejado,
    vas en mí, cristalina
    o temblorosa,
    o inquieta, herida por mí mismo
    o colmada de amor, como cuando tus ojos
    se cierran sobre el don de la vida
    que sin cesar te entrego.

    Amor mío,
    nos hemos encontrado
    sedientos y nos hemos
    bebido toda el agua y la sangre,
    nos encontramos
    con hambre
    y nos mordimos
    como el fuego muerde,
    dejándonos heridas.

    Pero espérame,
    guárdame tu dulzura.
    Yo te daré también
    una rosa.

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    Réponses
    1. Oui je sais Well, les traduc sont souvent casse-gueules. Mais je ne possède pas assez bien l'espagnol pour l'apprécier en V.O. Je suis en train de penser qu'il y a d'ailleurs peut-être plusieurs traductions comme c'est le cas pour "If" de Kipling. Désolée ;)

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  2. Pablo Neruda... Je ne l'ai pas lu depuis longtemps. Trop longtemps, ... Merci.

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    Réponses
    1. De rien, c'est un très beau poème. Même en bon françois :)

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Compte à rebours

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Pendant qu'on t'assassine
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pendant que disparaît ta musique d'abeilles,
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puisque nous sommes tous liés
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Et je souris encore, pour protéger les miens.

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qui monte et fait de ma bouche un appeau.
Je suis bien trop petite pour être ton porte-voix,
mais je ne sais plus vivre
sans être vive de toi.


2017

Ce qui restera

Il y a un peu plus d'un an disparaissait l'une de mes plus anciennes amies de toile. Elle était poète et s’inquiétait de ce que deviendraient ses textes après elle. Quelques semaines avant son décès soudain elle s'en ouvrait encore à moi. Certes on peut toujours se dire que ce ne sont que des mots, mais en vérité c'est bien plus que ça.

"J'écris pour que le jour où je ne serai plus
On sache combien l'air et le plaisir m'ont plu,
Et que mon livre porte à la foule future
Combien j'aimais la vie et l'heureuse nature."  Écrivait Anna de Noailles. Andrée sodenkamp, cette immense poète belge quasi-inconnue, écrivait à sa manière très terrienne et charnelle qu'elle nous porterait à travers ses poèmes "de beaux morceaux de corps".

Agnès est partie sans avoir eu le temps de rien. Je vais donc me laisser "à ceux qui se hasardent à chercher dans les mots l'ombre des pauvres morts" *.

Pour cela j'ai ouvert un blog-recu…