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Echo




"Un texte abouti doit être libre aussi de son auteur. Explorer un poème du point de vue de l’auteur c’est s’éloigner du poème comme l’histoire de la musique s’éloigne de la musique."

De mon très cher et brillant ami César que je vous invite à aller lire, parce qu'il y a de la vie dans ses articles (il est en lien là, sur la droite)

J'ai des détails à ajouter à sa prose lumineuse et pleine de bon sens.

Explorer le poème c'est remonter vers l'auteur comme le saumon vers sa frayère. S'il est vrai que le poème une fois publié est libre et majeur, il est tel un enfant le fruit de ceux qui l'ont conçu. Il porte des signes distinctifs évidents qu'on appelle "style". Qu'est-ce que le style sinon l'homme comme disait un certain Buffon.

Donc libre mais porteur de l'essence de l'auteur, marqué à la croupe d'un baiser ou d'une morsure.Me questionnant suite à cette saine lecture je me fis la réflexion suivante: en écrivant l'auteur se livre à un viol consenti. Je rejoins là, bien modestement vu le peu de profondeur de mon QI ce qu'écrit Pascal Quignard dans "Vie secrète". En substance il écrit que la relation entre le lecteur et l'auteur est de l'ordre de l'intime. Plus intime, bien plus, qu'une partie de gambettes en l'air puisque l'auteur se laisse pénétrer par le haut, il laisse une partie de sa pensée à nu. Il s'offre (enfin plus souvent il se vend) dans ce qu'il a de plus secret.

Et je me dis qu'il faut être un brin bargeot pour ce faire. Ou tout du moins être singulier. Qu'en pensez-vous?

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Fantasme et fantaisie

Imagine que ton plus grand fantasme ce soit de te voir servir au matin quand tu te réveilles, un énorme croissant - mais énorme hein, une viennoiserie maousse costaude - tout chaud, avec cette petite croûte dorée croustillante et cette senteur délicate, appétissante de beurre frais qui vient te chatouiller les narines, faire de tes glandes salivaires les chutes du Niagara ou du Zambèze (qui baise pas malgré son nom). Un fantasme si jouissif que tes papilles en fondent de désir tel le beurre dans la poêle à frire...

Bon. Imagine maintenant qu'un matin tu te réveilles parce qu'on sonne à ta porte. Tu ouvres et c'est ton fantasme (comment il a sonné? Avec l'une de ses "pointes" tiens pardi!) Tu es au bord de la pâmoison devant sa "chair" (c'est un croissant n'est-ce pas, pas une côte de boeuf!) soudain incarnée et il est tout comme tu l'avais imaginé: il sent bon et sa dorure te fait de l'oeil. Tu déglutis les chutes du Zambèze dans to…

Compte à rebours

Ô Mère.

Pendant qu'on t'assassine
pendant que tu râles à travers tous tes oiseaux,
tes baleines et tes lions,
pendant que disparaît ta musique d'abeilles,
que le silence tombe sur la Terre
comme sur un cimetière,
avec tous les autres, je fais bonne figure.

J'écris l'amour pour assécher le désespoir,
j'écris à mon coeur puisque c'est écrire au tien,
puisque nous sommes tous liés
- moutons noirs moutons bleus -
dans la même gerbe de blés tombée dans le feu.

Ô Mère, ma lumière avec toi s'éteint
Et je souris encore, pour protéger les miens.

Je porte le masque des jours glissants
rapides sous la faux,
et pour ne pas mourir trop vite
j'écoute de plus en plus souvent
ton chant toujours puissant en moi,
qui monte et fait de ma bouche un appeau.
Je suis bien trop petite pour être ton porte-voix,
mais je ne sais plus vivre
sans être vive de toi.


2017

Ce qui restera

Il y a un peu plus d'un an disparaissait l'une de mes plus anciennes amies de toile. Elle était poète et s’inquiétait de ce que deviendraient ses textes après elle. Quelques semaines avant son décès soudain elle s'en ouvrait encore à moi. Certes on peut toujours se dire que ce ne sont que des mots, mais en vérité c'est bien plus que ça.

"J'écris pour que le jour où je ne serai plus
On sache combien l'air et le plaisir m'ont plu,
Et que mon livre porte à la foule future
Combien j'aimais la vie et l'heureuse nature."  Écrivait Anna de Noailles. Andrée sodenkamp, cette immense poète belge quasi-inconnue, écrivait à sa manière très terrienne et charnelle qu'elle nous porterait à travers ses poèmes "de beaux morceaux de corps".

Agnès est partie sans avoir eu le temps de rien. Je vais donc me laisser "à ceux qui se hasardent à chercher dans les mots l'ombre des pauvres morts" *.

Pour cela j'ai ouvert un blog-recu…