Echo




"Un texte abouti doit être libre aussi de son auteur. Explorer un poème du point de vue de l’auteur c’est s’éloigner du poème comme l’histoire de la musique s’éloigne de la musique."

De mon très cher et brillant ami César que je vous invite à aller lire, parce qu'il y a de la vie dans ses articles (il est en lien là, sur la droite)

J'ai des détails à ajouter à sa prose lumineuse et pleine de bon sens.

Explorer le poème c'est remonter vers l'auteur comme le saumon vers sa frayère. S'il est vrai que le poème une fois publié est libre et majeur, il est tel un enfant le fruit de ceux qui l'ont conçu. Il porte des signes distinctifs évidents qu'on appelle "style". Qu'est-ce que le style sinon l'homme comme disait un certain Buffon.

Donc libre mais porteur de l'essence de l'auteur, marqué à la croupe d'un baiser ou d'une morsure.Me questionnant suite à cette saine lecture je me fis la réflexion suivante: en écrivant l'auteur se livre à un viol consenti. Je rejoins là, bien modestement vu le peu de profondeur de mon QI ce qu'écrit Pascal Quignard dans "Vie secrète". En substance il écrit que la relation entre le lecteur et l'auteur est de l'ordre de l'intime. Plus intime, bien plus, qu'une partie de gambettes en l'air puisque l'auteur se laisse pénétrer par le haut, il laisse une partie de sa pensée à nu. Il s'offre (enfin plus souvent il se vend) dans ce qu'il a de plus secret.

Et je me dis qu'il faut être un brin bargeot pour ce faire. Ou tout du moins être singulier. Qu'en pensez-vous?