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On nous recommande la méditation. C'est très à la mode.

Est-ce l'ultime tentative pour résister à l’attraction du vide quand tombe le voile des illusions?

Méditer pour mieux marcher ensuite dans le brouillard?



Commentaires

  1. Extrait :
    - « La méditation donne le moyen de tromper le temps, Nara. De voir comme simultané tout ce qui a été, tout ce qui est et tout ce qui sera. Voir que tout est parfait, tout est Bouddha. »

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  2. C'est effectivement mon ressenti. Mais tu vois je me disais que même ce ressenti était illusion. Un leurre. Parfois je me dis que notre capacité à trouver des réponses partout n'est qu'une façon de ne pas devenir fou. La réalité qu'on nous propose ne peut que conduire à la folie, non?

    Je t'embrasse mon Coeur ;)

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  3. Ben moi je recommande pas ça !
    Il faut plutôt prendre le risque de la réalité pour ce qu'elle est, fut-elle horrible ....
    Ainsi on découvre ses forces personnelles qui permettent de supporter, traverser, transcender....
    La folie c'est quand on s'échappe du réel !
    Enfin je dis ça....
    faudra que je médite là dessus !
    :-)

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  4. Rireee! Merci Alain ;) Ton point de vue se défends. Tu noteras cependant que méditer permet tout cela. En méditant on élève son point de vue, on prend de la distance et on sort plus solide. Du moins c'est comme ça que je la perçois et que j'en ressens les bienfaits. Ce qui me gène un peu c'est que l'on mets la méditation à toutes les sauces pour peu que ça rapporte. On vit une drôle d'époque d'hyper assistanat, les gens bourrés d'anti-dépresseurs en arrivent à payer des "coaches de vie" pour reprendre pied dans la leur, c'est fou. Où est mon entonnoir??? ;)

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  5. Il faudrait peut-être distinguer aussi les différentes méditations ? Philosophique, à la Descartes, où la prise avec le réel est complète, mais c'est quelque chose qui me semble passer loin au-dessus du commun des mortels (dans lequel je me comprends). Poétique, façon Lamartine, où l'interprétation du monde ne me paraît pas non plus s'éloigner si loin de la réalité, juste lui donner un autre aspect. Bondieuseries mises à part, j'aime bien celle-là. Transcendantale, mais là, j'avoue que je ne sais plus trop de quoi on parle... Quant à moi, j'ai essayé un type de méditation qui, précisément, fait le vide, et qui est un exercice solitaire, où je ne vois pas bien ce qu'un coach viendrait faire ? Il s'agit d'arrêter le flot des pensées, ce qui peut paraître simple et qui, en réalité, est très compliqué à faire. Je ne pratique pas très couramment, mais je m'y suis essayé plusieurs fois, particulièrement quand ça va mal. Le plus souvent, les premiers essais échouent : la pensée refuse de s'arrêter, il y a toujours un truc qui passe. Mais j'ai pu constater que, lorsqu'on parvient à créer comme un barrage avec l'extérieur, quand on réussit à faire le silence en soi, on en ressort avec une énergie toute neuve, une patate impressionnante. J'ai eu comme l'impression d'avoir pris une douche intérieure. La réalité n'en revient pas moins aussitôt après, mais cette "pause" se révèle très bénéfique et permet de prendre une certaine distance avec les tracasseries du quotidien, de les remettre à leur place pour s'intéresser davantage à l'essentiel qu'à des bêtises dans lesquelles on perd son temps, sa force et sa foi en soi. Un autre détail qui aide à rendre la chose efficace, c'est l'usage des mantras. Il faut qu'ils soient simples et percutants, ils ne doivent pas être une réflexion en soi, autour de laquelle la pensée se remettrait à danser sa gigue hystérique, ils doivent nous aider à nous convaincre de quelque chose de vrai et de positif, du genre qu'on n'est pas tout à fait pourri ou nul ou raté, comme on peut parfois s'en convaincre à force de boire les âneries dont on nous canarde à longueur de journées.
    Mais dans tout ça, au final, je ne vois pas ce qui nous mettrait dans le brouillard ? Je crois au contraire que ça aide à le dissiper, à prendre de la réalité ce qui n'est pas illusoire.
    Cela dit, je ne suis pas un spécialiste : je parle juste de l'expérience qu'il m'est arrivé d'en faire, et qui n'a rien de négatif, loin s'en faut, puisqu'au lieu de me noyer complètement dans un état négatif et auto-destructeur, elle m'a permis de reprendre pied et de cesser de me considérer comme un étron. Effet secondaire : au lieu de rester statique et passif, avec quelque chose comme du sable mouvant sous les pieds, ça m'a permis de recommencer à marcher et, sans guérir complètement d'un état qui ressort peut-être aussi d'un tempérament très profond, de faire un peu la part des choses et de considérer ce qu'il pouvait y avoir de positif à espérer de l'avenir...
    En te souhaitant une bonne journée, Désirée. A bientôt.

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    Réponses
    1. C'est beau ce que tu écris.

      Moi, je dirais qu'on ne peut rien contrôler. Et surtout que la "méditation" est une conséquence et pas une cause. C'est un état qui vient après une sorte de "déclic acausal", mais ça n'est pas la "méditation" (quoi qu'on puisse mettre dans ce mot) qui crée le déclic.

      Pareil pour les "mantras", c'est une conséquence, pas une cause. C'est une pensée bénéfique qui vient dans la tête et qui y vient sans cause, sans choix, naturellement.

      Ce qui n'est pas naturel, ce qui est un effort, ne sera jamais d'aucun bénéfice.

      C'est ce que je pense. :-)

      Et comme je le dis souvent, on pense tous ce qu'on ne peut s'empêcher de penser, on est tous ce qu'on ne peut s'empêcher d'être. Il n'y a donc rien à "faire", il y a juste à se déployer tel qu'on est. :-)

      On ne peut arrêter aucune pensée, les pensées qui s'arrêtent, s'arrêtent d'elles-mêmes. "Je vais arrêter de penser" ou "je vais arrêter cette pensée" n'est qu'une pensée de plus. Et "je veux arrêter de penser à cette chose (quoi que ce soit)" fait penser à cette chose. C'est comme se dire "il ne faut pas que je pense à une libellule rouge", ça renforce la pensée "libellule rouge"... ;-)

      Au plaisir.

      En te souhaitant le meilleur.

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    2. Cédric...je ne peux témoigner que de ce que je ressens. Je refuse la responsabilité des affirmations. Je n'affirme rien. Je raconte ce que je ressens et il est bien possible que je sois demi-folle et que je ne fasse que causer de mes éléphants roses. Je ne sais pas, voilà: je ne sais pas.

      Je rebondis sur cette phrase cependant: "on est tous ce qu'on ne peut s'empêcher d'être" Ceci implique t'il selon toi que personne dans ce cas ne peut "changer"? En toute conscience changer?


      Bise

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    3. Tout d'abord je tiens à préciser que je m'adressais à Bifane, mon commentaire était une réponse au sien. :-)

      Mais tu l'avais peut-être compris ainsi, chère Désirée, et tu avais simplement envie de réagir à ces mots que j'adresse à Bifane ? Et je les accueille évidemment avec plaisir, j'accueille tous tes mots avec plaisir. :-)

      Voici comment j'ai envie de répondre à ta question :

      Tout change tout le temps, y compris nos êtres. On évolue tous. Je dis simplement qu'on évolue comme on ne peut s'empêcher d'évoluer, et qu'il n'y a aucun choix nulle part. :-) Mais on peut très bien s'observer changer, observer cette évolution permanente, l'évolution de ses sensations, de ses ressentis, de ses pensées...

      Pour résumer : pour moi le "libre-arbitre" est une illusion inscrite dans le "voile des illusions"... Certains ne peuvent s'empêcher de le voir, et d'autres ne peuvent s'empêcher de ne pas le voir... le "déchirement du voile" ne vient pas par un "effort" ou un "désir". Au contraire, je dirais plutôt que celui qui désire voir, s'aveugle. Il n'y a rien à "faire". :-)

      Plein de bises ! (Des bises que je ne peux m'empêcher de te donner ! ;-) )

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  6. Eh bin tu as tout dit Bifane!

    Je n'ai pas de mantra personnellement mais j'use d'une sorte de "mot-clé" pour faire place nette dans ma tête embrouillée. Je pense au mot "blanc" (qui comme tout le monde le sait est une non-couleur) et quasi-instantanément le silence se fait à l'intérieur. Figures-toi que le truc me vient de mes migraines, pour faire cesser le battement dans mon crâne, je pensais à des trucs qui n'étaient pas rouges ou noirs (oui oui mes migraines ont une couleur ^^) Alors je pensais "blanc" et puis, bin 8 fois sur 10 je dirai que ça fonctionne. D'ailleurs j'en ai presque plus des migraines.
    Pour ce qui est de se centrer et d'aller à l'essentiel ça je t'avoue que ça toujours été dans ma nature. Je ne vois pas l'intérêt de compliquer ce qui est simple.Tout ça pour te dire que bien que je "pense trop" ces moments "blancs" et puis la poésie qui à mon sens est souveraine (enfin l'écriture qui est une vraie thérapie) me permettent d'être drôlement sereine, infiniment calme. Et puis j'entame ma seconde année de Tai Chi et ça me fait un bien! Mémoriser chaque geste demande autre chose que de la concentration, cela demande aussi du lâcher-prise. Il faut s'abandonner comme dans une danse et ça tu ne peux pas le faire avec la tête farcie. Les arts martiaux dits "internes" ont tout bon de ce côté-là.

    Je ne sais si c'est la méditation ou autre chose Bifane, mais de toutes évidences tu as changé depuis un an ou deux. Je t'ai connu différent, bien plus tourmenté. Si tes petites séances de silence intérieur sont la source de ce changement bénéfique pour toi eh bien elles auront eut leur utilité. En tout cas je te remercie de passer et de laisser ton sentiment, cela reste un grand plaisir pour moi cette amitié pérenne...

    A bientôt et le bon jour à toi aussi :*

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