Lilith







Son corps.

Une multitude de bras et de jambes
Une poigne
Une gangue
Close autour de ton noyau
De ta sève, de ta chair et tes os,
Ta sueur, ton sang chaud
Tes coups de reins, ce désir aveugle et sourd
Qui te pousse vers la jouissance,
Ton seul point d'horizon, ton idée fixe,
Ton non-retour.

Dans les bras de la femme araignée
Tu n'as plus de tête
Tu n'es plus que va et vient, un mouvement
Un souffle dans la tempête
Un peu de bois sec prisonnier d'un tourment.
L'étreinte se resserre au plaisir croissant
Étouffe tes grognements de bête
Tes vagissements d'enfant.

A l'instant où jaillit le feu,
Son corps se referme sur tes râles
Comme un tombeau.
Elle t'accueille dans ses ombres profondes
Douces et rouges
La chair est confortable où tu t'endors.
Mais tu es mort dans son piège
Et tu ne le sais pas encore.


2010

2 commentaires:

  1. Wahou !
    qu'Eve me préserve de Lilith !
    :-)

    Un poème fort des amours consomés et consumées

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  2. Hello Alain :) Le règne animal m'inspire. Mais ne sommes-nous pas animaux nous-mêmes? En tout cas ce poème est inspiré directement d'un conte inuit où il est question d'une femme-déesse qui "avale" ses amants. Il y a des morts moins douces, mais c'est toujours mourir ;)

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