Accéder au contenu principal

Articles

Affichage des articles du novembre, 2014

Tremblements

Ma montagne tremble d'un amour tellurique.

Tes baisers sont cascades
sur mes lèvres de mousse
mon menton et mon cou,
tes doigts
mille
torrents qui courent
et rebondissent
s'engloutissent entre deux rives
profondes
où nos eaux d'éternel printemps
nos tumultes
se mêlent,
et pour un court instant, s'unissent.
Tu es poisson, éclat volé à la lune
qui glisse
à l'intérieur d'une dune ceinte de nuit,
brillant de pluie
tu remontes à la force des reins
l'eau native
pour nous faire mourir
chaque fois
un peu plus.


2014



Mes Belles

J'ai écrit ce jour à mes Belles.
Mes belles misères et leurs beaux yeux de faon.
Mes belles qui passent, brunes et blondes
Et que les hommes ne voient pas.

Pépites, aux larmes de paillettes dans les remous du vent,
Que puis-je moi Poète, contre l'aveuglement?

Je puis des mots, doux comme ces langes
Que l'on plie en mandorle pour l'enfant nouveau-né.
Je puis le bercement de mes bras de jonc tendre
Ce moïse vivant que l'amour m'a donné.
Vous pourrez mes Belles, y poser vos chagrins
Mon cou est chaud où appuyer vos fronts
Et mon cœur fragile est aussi creux et accueillant
qu'un Graal.


2010


Ne pleure plus mon amie, ne pleure plus.

...

J'ai fait mon arbre pour avoir des racines




De l'amour...

Tout ce que l'on fait de beau, de lumineux, peut être assombri par l'égo.



***

L'amour ce n'est pas un regard qui s'observe lui-même dans la bienveillance.

L'amour, ce n'est pas une attitude que l'on "décide". Ceux qui décident d'être bienveillants sont dans le mensonge.

Mais quand c'est là, on est bien, niché en lui comme un oiseau au nid. L'amour ne rend pas stupide, au contraire: il rend très intelligent. Si intelligent que l'on est capable de voir l'autre dans sa totalité, avec ses ors et ses ombres, et de l'aimer encore plus loin. Capable de l'aimer fondamentalement.




Notes de voyage

Après Murat, sur la ligne blanche qui sépare en deux le ruban noir de la route gisait l'ami renard ensanglanté dans son admirable pelage tel un roi assassiné dans son hermine...
Vers Grenoble, un jour de pluie dans une trouée de lumière d'un vert tendre ruisselant, sous le berceau sombre des arbres la silhouette rousse d'une biche me capture et m'enchante de sa grâce soudaine.
En allant sur Vocance. Deux yeux pour voir, s'émerveiller toujours de la beauté impériale d'un grand faucon posé sur un piquet indifférent au flot des voitures et des gens qui passent sans le remarquer. Mais je t'ai vu, oui, je t'ai vu!


2011

Les Liberzinzins

Mon Cher,

les femmes sont décidément de plus en plus dures en affaires.

Me voilà condamné à écrire des nunucheries d’un autre âge, d’une mièvrerie confondante, et tout à fait indignes de ma plume, pour pouvoir m’en gauler une. A roucouler comme un pigeon niais à ces poules stupides des mots d’amour si dégoulinants de gras et de sucre, que je m’en donne la nausée à moi-même, que j’en vomirai sur mes chaussures.
Je ne me savais pas si écoeurant ma foi. On en apprend de bien piètres sur soi quand on a les bourses aux abois.

Ah foin de ces atermoiements verbeux qui laissent sur sa faim, de ces faveurs roses passées autour de ma queue, pour obtenir les leurs à la fin. Diable, je n’en peux plus: il faut que je baise!

Suis-je coupable si elles veulent de l’amour courtois quand je n’ai à proposer que l’amour courtaud d’une mentule affamée ?

J’ai pourtant bien des atouts, dont un langage précieux qui les font se pâmer et en toute fausse modestie, je peux affirmer, que dans le mensonge, nul ne…

Libérez les mots

Ne laissez pas dormir vos mots
au cercueil étroit des pages
ce sont de vivants oiseaux
prisonniers d'une morne cage.

Ouvrez la porte, rompez le papier
et d'une plume libre, donnez!
Ecrivez sur les murs, au ciel émargé
de l'océan virtuel, laissez-vous voler,

Découvrez le vrai bonheur
d'être ni caché ni acheté
et d'être comme l'Enseigneur
ce qui est ouvert quand tout est fermé...


2014



Vole, vole, petit oiseau de mots!!