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Au-delà de tout


Roberto FERRI





Tu sais bien sûr, que je t'aimerai toujours,
comme on aime son vice le plus ostentatoire,
sa bouteille cachée
sa poudre au nez, son petit pois anxiolytique
de princesse qui a perdu toutes ses nuits...

Je continuerai à aimer ce rêve solitaire, au coeur toujours ardent
dans ses voiles passés.

Car mon âme t'aime encore même si mon coeur, plus.



2008

Commentaires

  1. Bonjour Dé,
    J’espère que tu vas bien ainsi que les tiens ?
    Il me semble comprendre ce que tu exprimes là de si belle manière. L’âme et le cœur me paraissent en effet si différents. Et peut-être cette différence tient-elle dans cette spontanéité, cette "sanguinité" du cœur qui échappe à l'âme, en quelque sorte plus froide et apaisée. Ce n’est pas facile à exprimer, mais je sens comme toi qu’il existe une divergence pouvant expliquer que le cœur puisse à un moment ne plus aimer, tandis que l’âme continuera de le faire. Une merveilleuse matière à réflexion…
    Sinon, je te trouve bien belle sur cette image }:->
    Pleins de bises :*
    David

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  2. Bonjour David :) Il me semble que sur le plan de l'Amour avec un grand "A" nous ne soyons pas dans une relation binaire. J'aime/j'aime pas. Et que lorsqu'on cesse d'aimer mal avec notre égo, quelque chose de très lumineux prend parfois le relais, si on veut bien s'y laisser aller. C'est le cas pour bien de mes relations: j'ai été dépassée par. Mais tu mets parfaitement le doigt dessus et je suis vraiment très heureuse que tu ressentes cela aussi, vraiment :)

    Merci pour le compliment, j'aime beaucoup le travail de ce jeune peintre italien, une vision étrange et qui m'ébranle un peu. Mais ce tableau-là m'évoquait beaucoup de choses.

    Des bises :* et bonne journée cher David :)

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Fantasme et fantaisie

Imagine que ton plus grand fantasme ce soit de te voir servir au matin quand tu te réveilles, un énorme croissant - mais énorme hein, une viennoiserie maousse costaude - tout chaud, avec cette petite croûte dorée croustillante et cette senteur délicate, appétissante de beurre frais qui vient te chatouiller les narines, faire de tes glandes salivaires les chutes du Niagara ou du Zambèze (qui baise pas malgré son nom). Un fantasme si jouissif que tes papilles en fondent de désir tel le beurre dans la poêle à frire...

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Compte à rebours

Ô Mère.

Pendant qu'on t'assassine
pendant que tu râles à travers tous tes oiseaux,
tes baleines et tes lions,
pendant que disparaît ta musique d'abeilles,
que le silence tombe sur la Terre
comme sur un cimetière,
avec tous les autres, je fais bonne figure.

J'écris l'amour pour assécher le désespoir,
j'écris à mon coeur puisque c'est écrire au tien,
puisque nous sommes tous liés
- moutons noirs moutons bleus -
dans la même gerbe de blés tombée dans le feu.

Ô Mère, ma lumière avec toi s'éteint
Et je souris encore, pour protéger les miens.

Je porte le masque des jours glissants
rapides sous la faux,
et pour ne pas mourir trop vite
j'écoute de plus en plus souvent
ton chant toujours puissant en moi,
qui monte et fait de ma bouche un appeau.
Je suis bien trop petite pour être ton porte-voix,
mais je ne sais plus vivre
sans être vive de toi.


2017

Ce qui restera

Il y a un peu plus d'un an disparaissait l'une de mes plus anciennes amies de toile. Elle était poète et s’inquiétait de ce que deviendraient ses textes après elle. Quelques semaines avant son décès soudain elle s'en ouvrait encore à moi. Certes on peut toujours se dire que ce ne sont que des mots, mais en vérité c'est bien plus que ça.

"J'écris pour que le jour où je ne serai plus
On sache combien l'air et le plaisir m'ont plu,
Et que mon livre porte à la foule future
Combien j'aimais la vie et l'heureuse nature."  Écrivait Anna de Noailles. Andrée sodenkamp, cette immense poète belge quasi-inconnue, écrivait à sa manière très terrienne et charnelle qu'elle nous porterait à travers ses poèmes "de beaux morceaux de corps".

Agnès est partie sans avoir eu le temps de rien. Je vais donc me laisser "à ceux qui se hasardent à chercher dans les mots l'ombre des pauvres morts" *.

Pour cela j'ai ouvert un blog-recu…