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Avancer






Je n'existe pas.
Je ne survis pas.

Je marche.



Depuis ma naissance
Et avant elle
Je marche.


La tête pleine d'yeux
Le corps plein de langues
Je vois
Je goûte
Je suis une outre avide
Gourmande et gastronome.
Le monde ma mère
Me nourrit sans fatigue
Et d'une main si légère
Que je ne peux que sourire.


J'aime.

Je saisis au passage
Des mains que j'embrasse.

Je marche.



2015


Commentaires

  1. Tu voyages en rond sur la corde elliptique. Je vais dans l'autre sens mais sens les vibrations de tes pas sur le fil. A la fin de l'ellipse...

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  2. L'ellipse a t'elle une fin? Je perçois le truc comme un ouroboros...je ne sais pas si tout le monde a bien compris ce que je voulais dire avec les deux premières phrases? suis pas très claire pour le monde je crois ^^ Ce que je pense c'est qu'on a moins à prouver aux autres voire à soi-même qu'on "existe" que l'on a de chemin à faire pour "avancer" humainement parlant. Je t'avoue que ça m'impatiente un peu tous ces gens qui veulent à tout prix qu'on se creuse le nombril, c'est vrai que "connais-toi toi même" ça a son importance mais ça ne doit pas boucher tout l'horizon. Mon idée c'est que le nombril c'est le point A et que l'on doit aller au point Z. Et puis tous ces discours sur le "réel" qui n'est pas réel et patati et patata qu'est-ce que ça m'emmerde! Au fond je crois que ceux et celles qui tiennent ces propos ont peur de leur propre mort et qu'ils et elles jouent à cache-cache avec l'idée. Non?

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Fantasme et fantaisie

Imagine que ton plus grand fantasme ce soit de te voir servir au matin quand tu te réveilles, un énorme croissant - mais énorme hein, une viennoiserie maousse costaude - tout chaud, avec cette petite croûte dorée croustillante et cette senteur délicate, appétissante de beurre frais qui vient te chatouiller les narines, faire de tes glandes salivaires les chutes du Niagara ou du Zambèze (qui baise pas malgré son nom). Un fantasme si jouissif que tes papilles en fondent de désir tel le beurre dans la poêle à frire...

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Compte à rebours

Ô Mère.

Pendant qu'on t'assassine
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pendant que disparaît ta musique d'abeilles,
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comme sur un cimetière,
avec tous les autres, je fais bonne figure.

J'écris l'amour pour assécher le désespoir,
j'écris à mon coeur puisque c'est écrire au tien,
puisque nous sommes tous liés
- moutons noirs moutons bleus -
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Ô Mère, ma lumière avec toi s'éteint
Et je souris encore, pour protéger les miens.

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rapides sous la faux,
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j'écoute de plus en plus souvent
ton chant toujours puissant en moi,
qui monte et fait de ma bouche un appeau.
Je suis bien trop petite pour être ton porte-voix,
mais je ne sais plus vivre
sans être vive de toi.


2017

Ce qui restera

Il y a un peu plus d'un an disparaissait l'une de mes plus anciennes amies de toile. Elle était poète et s’inquiétait de ce que deviendraient ses textes après elle. Quelques semaines avant son décès soudain elle s'en ouvrait encore à moi. Certes on peut toujours se dire que ce ne sont que des mots, mais en vérité c'est bien plus que ça.

"J'écris pour que le jour où je ne serai plus
On sache combien l'air et le plaisir m'ont plu,
Et que mon livre porte à la foule future
Combien j'aimais la vie et l'heureuse nature."  Écrivait Anna de Noailles. Andrée sodenkamp, cette immense poète belge quasi-inconnue, écrivait à sa manière très terrienne et charnelle qu'elle nous porterait à travers ses poèmes "de beaux morceaux de corps".

Agnès est partie sans avoir eu le temps de rien. Je vais donc me laisser "à ceux qui se hasardent à chercher dans les mots l'ombre des pauvres morts" *.

Pour cela j'ai ouvert un blog-recu…