L'homme des lunes


Christian Schloe




La lune déverse sa lumière volée
sur mes pieds joints
pour une prière au sommeil.

Viendra t'il cette nuit, pousser la porte fragile
et palpitante de la mort et des rêves,
ôter sa blanche chemise, caresser ma hanche
et me prendre, me répandre
dans la chambre bleue pâle de ma mémoire
ouverte aux quatre vents?
Sur le vieux lit de ferraille et les draps
de lin blanc
depuis un millénaire j'attends
celui qui ne viendra pas
en cette vie.


2015

10 commentaires:

  1. Je lis, je relis
    me laisse bercer, rejoindre, interpeller
    Quel pouvoir ont tes mots !
    Ils viennent me cherche loin
    MERCI

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  2. Je prends ce commentaire avec plaisir (et un brin de fierté) car tu commentes très peu la poésie (moi de même). J'ai écrit ce texte à partir d'un rêve dont je me souvenais au matin et qui mêlait beaucoup d'éléments: une chambre peinte en bleu, très dépouillée, un lit en fer, des rideaux blancs très ordinaires pendant à des fenêtres fragiles (c'est une chambre de mon enfance chez des proches). Et un homme que j'observe, que je ne connais pas, il déboutonne sa chemise tout en me regardant. A un moment ses doigts frôlent ma hanche, et l'émotion me submerge...l'atmosphère est étrange, à la fois monacale et très chargée érotiquement parlant. Il y a beaucoup d'air. Je ne sais pas comment mieux décrire la scène. Mais je me pose souvent des questions au sujet de mes rêves: d'où viennent-ils?

    En tout cas, je te remercie de ta lecture et de ton ressenti partagé :*

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    1. J'entretiens peut-être un rapport un peu compliqué avec la poésie... Trop de mauvais souvenirs d'enfance et de jeunesse où, en classe, l'enseignant décortiquait les poésies en nous inculquant ce qu'il fallait en savoir et en penser… c'était totalement froid et profondément ennuyeux… l'unique vérité poétique était la sienne et elle conditionnait la note sur le carnet… bref tout ce qu'il fallait pour m'en dégoûter…
      Je suis donc revenu très lentement et il n'y a pas si longtemps.
      La poésie comme une œuvre picturale dont il n'y a pas à rechercher le sens caché et/ou je ne sais quoi…, mais seulement se laisser ressentir, Porter, et vibrer. Laisser pénétrer en soi
      Enfin, c'est ainsi que je vois les choses…
      Tu es de celles (rares) qui me font cet effet!… :-))

      Tes rêves? En voilà un qui aura servi à ton art…
      Quant à ce rêve érotique de femme, je le trouve très beau, très porteur, émouvant…
      Il a à voir avec ta sensibilité profonde… enfin… c'est un sentiment personnel que je te donne…

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    2. Tiens, nous avons le même parcours en ce qui concerne la poésie. Le apprendre par coeur la ballade des pendus de Villon m'en avait pas mal dégoûtée aussi. Et puis j'y suis revenue passée la quarantaine. Et surtout je suis tombée par hasard, sur une anthologie de poésie féminine qui m'a permis de découvrir l'écriture des femmes. Et là ça a été la révélation. Un éblouissement. Ce livre de Régine Deforges je l'ai lu et relu il est toujours à portée de main. C'est par lui que j'ai découvert Andrée Sodenkamp qui est mon égérie, ma muse. Je l'adore. Certains textes te plairaient beaucoup si tu aimes la simplicité qui va droit au coeur et plus à l'âme. Je publierai quelques textes tu verras :) C'est ce que je cherche à transmettre le Beau qui pour moi est forcément "simple". Même si on m'a reproché parfois de trop m'extasier sur les fleufleurs et les abeilles, j'emmerde les poètes "engagés" qui à leurs yeux ont seuls droit de cité. C'est que vois-tu de nos jours il faut "dénoncer". Alors moi déjà le terme me mets mal à l'aise. Je pense qu'il y a de la place pour tout le monde et pour toutes les inclinaisons. J'ai envie de dire tout ce Beau qui nous entoure, de le désigner pour que ceux qui ne le voient pas ou n'en ont pas conscience puisse se dire "ah oui". J'ai très peu d'ambition, mais cela me ferait plaisir de faire plaisir. ;)

      J'ai souvent écrit en tissant à partir de mes rêves. Je dors très mal et donc mon cerveau n'efface pas tout bien. "Saison des amours" par exemple dans les textes, c'était un rêve. Parce qu'il m'arrive d'être dans la peau de créatures étranges aussi. Et tant d'autres, comme ce texte dans mon recueil (il est en lecture gratuite, tu as vu?) où je parlais des funérailles de ma fille en compagnie d'une autre que je n'ai pas...

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    3. Comment ça en lecture gratuite ??
      Je ne vois rien du tout !

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    4. Là Alain http://auberine.blogspot.fr/2013/04/partage.html

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    5. Ah ben oui ! Mais comment veux-tu que je trouve si tu caches tes trésors au fond d'un billet ancien !
      Pourquoi tu ne mets pas ceBEAU recueil en marge à droite ?
      Tu l'as publié papier au moins ?
      J'ai savouré quelques textes. D'autres sont à lire encore.
      Comme dans les restaurants gastronomiques, il faut se poser entre chaque mets pour le déguster lentement.
      Me reste à faire moi même mon petit livret perso de ton oeuvre. Et ne faire profiter d'autres....

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    6. Ah oui tu as raison, je vais le mettre en vue. Oui je l'ai publié papier chez bookedition. Il y a là-dedans quelques textes dont je suis contente, tel que le Triptyque. Et quelques autres. Honnêtement je le crois pas mauvais. C'est pas du Hugo mais ça se lit ;) Je me tâte toujours pour réunir mes textes grivois et fabriquer un brûlot. Je crois que je vais le faire, allez, je vais le faire. Oui. Non. Je sais pas. Peut-être (de quoi j'ai peur au juste?) (d'être (encore) jugée?) Boooaff! comme dirait Gaston. J'ai du pain sur la planche, il y a au moins deux ans que je me tâte pour rassembler tous mes textes qui parlent de saisons et ceux de souvenirs. Qu'est-ce que je peux procrastiner!

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    7. Nic de Houille24 mars 2015 à 22:19

      Ben ça c'est pas peut-être! Allez! Laisse toi aller...

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