Accéder au contenu principal

Profil






Tu t'entoures de Janus au profil de médaille
dont chaque revers t'est défavorable.
Tous sont des loups qui voient la bête malade
tu relèves brave ta frêle carcasse barbouillée
de leur indifférence et de ton sang.
Joue encore au chasseur pauvre petit pâtre,
les princesses aux yeux pers portent des tiares
ornées de dents de diamants où ton coeur
laisse bien plus que de la chair
et quelques sentiments.
Mais c'est ce que tu veux, ce que tu appelles,
de toute la puissance de tes vanités.
C'est donc ce que tu auras, encore longtemps.



2015

Commentaires

  1. J'ai dû relire plusieurs fois ton poème pour le comprendre et m'en imprégner…
    « J'ai dû relire » ne doit pas être considéré comme une critique. Au contraire.
    Ce poème est « fort ». Et c'est justement en le relisant plusieurs fois qu'on entre vraiment à l'intérieur de celui-ci.
    Vraiment une réussite !

    RépondreSupprimer
  2. Hello Alain :) Un poème est une chose si personnelle, un chemin de pensée si intime que très souvent je me dis que ce que je publie ne doit pas être très clair pour tout le monde. Je ressens aussi cela en lisant d'autres poètes, j'ai l'impression parfois de lire des rébus. Je fais souvent référence à un passage de "Vie secrète" de Pascal Quignard où il écrit comme ça qu'il n'y a rien de plus intime qu'un livre puisque c'est un accès à la pensée profonde de l'auteur. Je me demande si cette pensée justement n'est pas un poil confuse à dessein, une valse hésitation entre le besoin de dire et la peur de dire...en tout cas ce texte est seulement une broderie autour des rapports amicaux et de mes observations sur les réseaux sociaux. De comment certains confondent "relations" et "amis", de relations entre "collègues" qui demeurent quand même au fond des "concurrents" quand il est question au final d'argent. De la manipulation aussi, de comment quelqu'un sans scrupule peut facilement faire passer aux yeux des spectateurs sa victime pour le méchant bourreau, et comment la victime se doit de ravaler son sentiment d'injustice -à juste titre- pour ne pas donner plus de grain à moudre à son bourreau. C'est dingue. J'ai été victime de cela et je viens d'assister à une mise à mort encore plus terrifiante sur facebook (pour ne pas le citer) et ça m'interroge beaucoup sur la nature humaine à quel point elle peut ne pas l'être, humaine...

    Moi ça me laisse perplexe et un peu dégoûtée je dois dire...

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Fille du non-vouloir

Petit haricot de cellules tourbillonnantes qui a grandit dans un océan de larmes en guise de liquide amniotique, voilà le fond de tristesse qui clapote en son âme. A travers l'épaisseur de la chair a t'elle senti les coups ? Par le cœur de sa mère a t'elle entendu les injures ? « Putain » disaient-ils en choeur en insultant une vierge. Enceinte certes, mais vierge.
Le secret dévoilé au bout de tant d'années d'incompréhension et de douleur. L'ignorance des jeunes de cette époque-là, tout se résumait à cela. Parce qu'on ne parlait pas de « ça » en ce temps-là.

Quarante ans de bagne à traîner un boulet plus gros qu'elle.

Et tout enfin, se mettait en place, toutes les pièces du puzzle. Tous les détails s'assemblaient pour dresser le portrait de la bêtise crasse. Le regard bleu glacé de colère méchante du père, comme une guerre froide face à l'innocence de ce petit visage. Son cœur à elle qui ne comprenait pas pourquoi. Et qui tentait encore et …

Des mots qui volent tout seuls...

Si j'avais dû voler des mots, j'aurais volé ceux de Christian (Bobin) ou ceux de Andrée (Sodenkamp) qui m'ont si bien nourris,  et ceux de quelques autres qui m'ont un jour transpercée, puis ont fait en moi des petits.

J'aurais volé des mots étincelants de lumière, aussi beaux que le matin. J'aurais volé la profondeur et l'altitude, j'aurais volé la clarté et le sens.

Mais plutôt que des mots si j'avais dû voler quelque chose, j'aurais volé un coeur.

Voire, une âme.

Mais je n'ai jamais rien volé. Si j'ai volé quelqu'un ce n'est que moi-même. Ma muse c'est moi. C'est ma voix intérieure. Rien ne me vient de l'extérieur que je n'ai ré-inventé, re-crée. Cela me parait tellement évident. On ne parle jamais que d'un autre que l'on invente, interprète, un autre déformé, un Autre autre. Comme l'écrivait Christian Bobin: "L'homme dont je parle dans mes livres n'existe pas". De même, l'hom…

D'un monde à l'autre

J'ai rêvé de Paul cette nuit.

Mes parents m'annonçaient cette incroyable nouvelle:  Paul était à nouveau vivant!

A nouveau j'avais dix-sept ans. Je courais chez lui le coeur battant, sonnais à la porte de la maison rose de ses parents. Cécilia, sa soeur, m'ouvrait. Elle rayonnait: "Oui, c'était bien vrai, Paul était de retour parmi nous." C'était un miracle. Un vrai miracle.

Puis Paul passait derrière sa soeur, me souriait sans s'arrêter. Sans me reconnaître.

L'incrédulité et la stupeur, une joie, un espoir immense m'envahissaient alors. Une affreuse angoisse aussi. Quelque chose avait changé. C'était pourtant bien Paul. Ses boucles châtains se balançaient encore de chaque côté de son beau visage qu'aucun gros fil chirurgical ne raccommodait pour le rendre présentable à ceux qui avaient eu la lourde tâche de lui survivre. Son sourire était ce même sourire irrésistible que celui "d'avant". Paul souriait et le monde ro…