Heureux constat






Quand je regarde ma nièce de sept ans, je réalise à quel point mon enfance a été extraordinaire de liberté. Combien j'en ai joui.

Ma mère travaillait dur pour faire bouillir une marmite dont mon père ne se préoccupait pas. Le jeudi et les week-ends il m'emmenait avec lui contraint et forcé et m'abandonnait sans vergogne chez nos cousins de la campagne. Je ne bénirai jamais assez son manque d'intérêt pour ma petite personne: il m'a permis de me remplir d'une lumière considérable...

Carl Larsson

5 commentaires:

  1. Signer ce texte serait possible
    Juste l'adapter à mon réel d'enfance
    mais la similitude est là
    Lui et Elle, oncle et tante sans enfants, qui ouvrirent les bras à ce neveu perdu durant des semaines de vacances scolaire bien trop longues....
    J'ai reçu des lumières, en effet.... des éclats d'affection juste et belle.
    Merci de ce texte qui m'évoque tout cela...

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  2. Mon ami David/PPM appelle cela "le témoin bienveillant". Pour toi donc ils étaient deux :) Il y a eu deux lieux où j'ai été particulièrement heureuse: chez mes cousins du "Poulet" et chez les parents d'un copain de mon père qui étaient devenus un genre de famille de substitution pour lui; Des gens atypiques dont je parlerai bientôt et qui habitaient la "petite campagne" autour de ma ville, au quartier de la Vernaison.C'est chez eux que j'ai connu mes plus grands bonheurs, jusqu'au divorce de mes parents lorsque j'avais 10 ans. Ensuite je ne les ai plus revus qu'une seule et rapide fois mais j'étais alors devenue une adolescente en souffrance et plus rien n'était pareil. A 20 ans je suis retournée sur le chemin de mon enfance et tout avait disparu sous les bulldozers...

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  4. La vie emprunte souvent des parcours bien tordus pour faire de nous ce que nous sommes. Nous pouvons avec le recul ne voir dans cet itinéraire que la partie vide d’un verre à moitié plein ou au contraire nous abreuver du liquide présent. Mais dans tous les cas, j’en suis convaincu, cette voie initiatique a amorcé le tracé que nous poursuivrons plus tard, semé de peines et de joies, comme il se doit. En ce qui te concerne, égoïstement sans doute, j’aime les lieux où tes pas me conduisent tandis que je te suis.
    Bises :-)*

    P.S. : je t'ai répondu à propos des chats sur mon blog. Et merci d'être passée, comme toujours :-)

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  5. Oui, clairement je pense comme toi. Et plus encore, mes dix premières années ont été idylliques de mon point de vue. Cela m'a donné beaucoup de force et surtout celle de m'échapper, de m'évader, de supporter toute la pesanteur qui est venue ensuite et qui aurait pu m'écraser, dans des tas de petites choses. Comme simplement sortir, lire -j'ai énormément lu et bien sûr on me l'a beaucoup reproché parce que je n'étais juste "plus présente", que je n'étais plus là pour encaisser les mesquineries et les humiliations. Enfin bref, la sagesse populaire dit que dans toute chose malheur est bon, et bien j'ai fini par réaliser que mon père m'a ici rendu un fier service. Les voies du ciel sont impénétrables... et très tordues. ^^

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