Résurgence



Après qu'il soit parti.

Après qu'il l'ait abandonné au sol comme un fruit mordu.

Pelée brutalement de tout ce qui la recouvrait
- maigres remparts de toile -
elle n'a pas bougé.

Elle a regardé les étoiles.


Elle a regardé les étoiles, leurs faces pâles
et désolées, mais qui encore brillaient,
palpitaient dans la nuit de l'homme,
en perçaient toute l'obscurité
pour s'en sauver.
Elle n'avait plus que deux yeux
qui regardaient les étoiles,
et ce corps fouillé, martelé de coups de reins sauvages,
elle refusait d'en percevoir la douleur
l'affreux outrage:
ce n'était pas le sien.


Elle regardait les étoiles,
et les étoiles   - une à une -   sont tombées,
ont coulé sur son front, sur ses lèvres sèches de cris,
sur ce corps nu inerte, abandonné

à la lumière maternelle 
et lentement, très lentement
les étoiles 
l'ont lavé du viol,

doucement ramené du côté de la Vie.

2016



Commentaires

  1. Que chacun d'entre nous , tes lecteurs, emportions un peu de ça, cet indicible que tu dis
    (et merci de partager aussi l'admiration pour le travail de Françoise de Felice, ainsi que pour celui de Karl Larsson !)

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  2. Merci d'être passée Valentine. J'aime les artistes, je découvre en ce moment la sculpture, le modelage, le tissage etc (j'ai un compte sur pinterest) et cela me passionne. J'accumule les informations pour me jeter dans cette création là parce qu'en fait cela fait très longtemps que la terre m'attire...:)

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  3. Bonjour Dé,
    Merci d’être passée me lire et d’avoir laissé ta trace qui manquait ;-)
    Pour répondre à ta question, je vais aussi bien qu’il est possible compte tenu d’un quotidien qui m’accapare depuis des mois au-delà du raisonnable, me laissant chaque jour plus épuisé et la tête plus vide que la veille !
    Une tête que je viens remplir ici, à cette source claire et fraîche de tes beaux textes toujours aussi inspirés et inspirants ; ici où je suis « doucement ramené du côté de la Vie » ;-)
    Tu redécouvres semble-t-il le plaisir de la terre, si sensuelle, « chaude » d’une certaine manière, bien différente des mots, « froids » en comparaison. Ce plaisir enfantin de toucher, de caresser, de malaxer, de sentir, de goûter même la chair de notre monde qui s’offre à nous sans contrepartie, et qu’en guise de remerciement nous pillons sans vergogne ! Plaisir charnel donc et originel de la terre qui nous attire c’est vrai, peut-être parce que nous en sommes issus et y retournerons fatalement un jour ; et qu’au bout du compte, mélangé dans chaque poignée de terre, se trouve un peu d’humanité :-)
    Porte-toi bien, très chère Dé.

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  4. Cher David, il y a bien longtemps que je ne suis passée par ici, mais libérée de quelques contraintes que je m'étais imposées moi-même je vais pouvoir faire vivre cet espace un peu plus.

    Ah oui la terre/Terre compte énormément pour moi: j'en suis tissée et j'ai un rapport très charnel avec ce qui m'entoure. C'est vrai. Déjà enfant j'avais souvent peur entre quatre murs alors que je n'ai jamais éprouvé de crainte lorsque du haut de mes sept ou huit ans je battais la campagne.

    Mon ami il faut te ménager, le burn-out te guette il me semble. Chacun doit se constituer des espaces où respirer, rien que pour soi. Ce n'est pas de l'égoïsme et c'est parfois de la survie. Je vois des tas de personnes qui brûlent leurs jours alors que la Vie est si précieuse. C'est ce qui m'a décidé personnellement à revenir à des projets qui traînaient depuis longtemps. Je me dis "il est temps" "si tu veux faire quelque chose ma chérie (c'est très important de se parler avec douceur ^^) alors c'est maintenant". Alors me voilà à pied d'oeuvre. Je rassemble les éléments matériels et je vais me lancer dans le modelage. :) David, il faut faire des choses qui te rendent heureux, notre temps passe très vite et comme nous tous tu n'en as pas beaucoup...

    Je t'embrasse et porte-toi bien également

    Bise

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