Froid dans le dos

Choi Xooang



Tu étais là
comme deux ailes
entre mes épaules
avant la Porte
l'arrachement de la naissance.

Tu en as perdu la mémoire.

J'en ai retrouvé peu à peu
l'effroi.

C'est un sel dans ma bouche,
un déséquilibre quand je marche,
une absence de poids dans le réel
pour n'y poser rien qu'un pas.

Il me faut vivre connaissant
ton absence,
marcher bancale et blessée
en attendant l'autre monde
où nous serons ré-assemblés.


2016
   


Commentaires

  1. Parfois on se prend à espérer qu'il existe…
    il y a tant à réparer…

    ( ton texte est une grande densité. Les mots sont épais)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour Alain...c'est un ressenti profond. L'impression d'un manque entre les omoplates. Peut-être étais-je un oiseau dans une vie antérieure ;)

      Merci pour le point de vue: j'essaie de retrouver une concision et une épaisseur qui a fait mes beaux jours il y a quelques années alors que j'étais très inspirée par Guillevic que m'avait fait découvrir mon amie Agnès. On peut dire beaucoup en quatre lignes.

      Supprimer
  2. Malgré tout, la vie est si belle, si pleine !
    comblante de l'intérieur.

    Ce que tu écris a en moi de profondes résonnances
    qui demandent à mûrir ! kéa

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui, je ne suis pas triste Kéa, je donne cette impression? Même si comme l'avait dit un de mes camarades j'ai "un fond de tristesse" je m'efforce de rester connectée à la joie profonde qui emporte tout. Mais je t'avoue, ce n'est pas tous les jours facile :)

      Supprimer
  3. Ce poème est très émouvant. Après l'avoir lu je n'ai eu qu'une envie de silence et d'immobilité, un bref arrêt du monde, pour une éternité...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je me suis découvert une passion pour la sculpture. Et cela m'inspire beaucoup. Tu connais Pinterest?

      Supprimer
  4. Qui es-Tu compagnon mystérieux, l'évanoui, l'absent-présent ?
    C'est très beau, une impression très forte !

    RépondreSupprimer
  5. Bonjour ma chère Ka', je pense que je suis loin d'être la seule à ressentir une sorte de "manque" ineffable et indicible (presque). Certains trouveront là divers symptômes de maladie mentale, je préfère y voir de la poésie, une certaine forme de spiritualité...

    Bise

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

D'un monde à l'autre

Massacre à la tronçonneuse

Des mots qui volent tout seuls...