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Gaston






Toi s'échappant de moi
moi s'échappant de toi
pour à nouveau nous confondre d'attirance
ainsi nous sommes ce couple ininterrompu
tour à tour désassemblé et réuni à jamais.

  Gaston Miron

Commentaires

  1. Bonjour Dé !
    Sauf si j’ai raté quelque chose il me semble que cela faisait bien longtemps que je n’avais pas eu le plaisir de venir lire sur ton blog une de ces pépites dont tu as le secret. Aussi je profite de l’occasion pour m’enquérir de toi, en espérant que tu vas bien, que tu es toujours aussi inspirée, etc.
    Tu te fais trop désirer ;-)
    Grosse bises.

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  2. Hello David ...oui je vais bien, j'ai juste redéfini mes priorités. Le décès de mon amie Agnès m'a beaucoup fait réflêchir à la relative vacuité du web. D'autre part certains de mes meilleurs amis ont fermés leur blog, sont passés à autre chose et je ne voyais plus bien l'intérêt de poursuivre le mien. Mais l'écriture c'est un vrai plaisir. Pas un besoin mais un plaisir. Alors bien sûr j'écris toujours même si je poste moins. Et puis j'ai un autre blog où je m'exprime plus librement.

    Et toi comment va? :)

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    Réponses
    1. Bonjour Désirée,
      Je crois comprendre ce que tu entends par la relative vacuité du web. Sauf avec quelques personnes comme toi, dont j’apprécie la « présence » et avec lesquelles je partage volontiers quelques « fleurs ».
      Mais quel est donc cet autre blog qui te libère ? Aurais-je le privilège de t’y lire ?
      Sinon, je vais comme d’habitude ;-) Trop de quotidien qui m’encombre l’âme et l’asphyxie ! Il me semble que le temps s’épuise au fur et à mesure qu’il passe, comme une source qui se tarie dont l’eau fraîche devient de plus en plus rare et précieuse ! Tu vois sans doute ce que je veux dire ;-)
      Je suis ravi d’apprendre que tu vas bien, que cela dure :-)
      Bises

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Fantasme et fantaisie

Imagine que ton plus grand fantasme ce soit de te voir servir au matin quand tu te réveilles, un énorme croissant - mais énorme hein, une viennoiserie maousse costaude - tout chaud, avec cette petite croûte dorée croustillante et cette senteur délicate, appétissante de beurre frais qui vient te chatouiller les narines, faire de tes glandes salivaires les chutes du Niagara ou du Zambèze (qui baise pas malgré son nom). Un fantasme si jouissif que tes papilles en fondent de désir tel le beurre dans la poêle à frire...

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Compte à rebours

Ô Mère.

Pendant qu'on t'assassine
pendant que tu râles à travers tous tes oiseaux,
tes baleines et tes lions,
pendant que disparaît ta musique d'abeilles,
que le silence tombe sur la Terre
comme sur un cimetière,
avec tous les autres, je fais bonne figure.

J'écris l'amour pour assécher le désespoir,
j'écris à mon coeur puisque c'est écrire au tien,
puisque nous sommes tous liés
- moutons noirs moutons bleus -
dans la même gerbe de blés tombée dans le feu.

Ô Mère, ma lumière avec toi s'éteint
Et je souris encore, pour protéger les miens.

Je porte le masque des jours glissants
rapides sous la faux,
et pour ne pas mourir trop vite
j'écoute de plus en plus souvent
ton chant toujours puissant en moi,
qui monte et fait de ma bouche un appeau.
Je suis bien trop petite pour être ton porte-voix,
mais je ne sais plus vivre
sans être vive de toi.


2017

Ce qui restera

Il y a un peu plus d'un an disparaissait l'une de mes plus anciennes amies de toile. Elle était poète et s’inquiétait de ce que deviendraient ses textes après elle. Quelques semaines avant son décès soudain elle s'en ouvrait encore à moi. Certes on peut toujours se dire que ce ne sont que des mots, mais en vérité c'est bien plus que ça.

"J'écris pour que le jour où je ne serai plus
On sache combien l'air et le plaisir m'ont plu,
Et que mon livre porte à la foule future
Combien j'aimais la vie et l'heureuse nature."  Écrivait Anna de Noailles. Andrée sodenkamp, cette immense poète belge quasi-inconnue, écrivait à sa manière très terrienne et charnelle qu'elle nous porterait à travers ses poèmes "de beaux morceaux de corps".

Agnès est partie sans avoir eu le temps de rien. Je vais donc me laisser "à ceux qui se hasardent à chercher dans les mots l'ombre des pauvres morts" *.

Pour cela j'ai ouvert un blog-recu…