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An neuf. Ou dix.




Éteins la lampe
laisse la lumière au soleil,
que l'ombre regagne son coin
et s'y tienne serrée.
Ouvre la fenêtre
qu'entre le froid lumineux de janvier
avec ses perles de glace
dans la barbe blanche.
Vois comme tu respires mieux
alors que fleurit un paysage de montagne
à l'intérieur de tes poumons.
Éteins la lampe
comme on éteindrait l'éternelle nuit,
et tiens-toi au balcon
le coeur battant
pour accueillir le nouveau jour.


2017 aux premières heures...

Commentaires

  1. C'est magnifique !
    Un des plus beaux poèmes d'espérance que j'ai lu depuis longtemps…
    Que cette attitude des premières heures éclaire toute ton année…

    Ce serait un beau texte sur une carte de vœux…
    ça changerait des fadaises habituelles…

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    Réponses
    1. Merci pour ton enthousiasme Alain, ça fait du bien :)

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  2. Je suis d'accord avec Alain : enfin des voeux radieux !

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    Réponses
    1. Bonjour K.role merci d'être passée par ici et d'y avoir laissé quelques mots :)

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Fantasme et fantaisie

Imagine que ton plus grand fantasme ce soit de te voir servir au matin quand tu te réveilles, un énorme croissant - mais énorme hein, une viennoiserie maousse costaude - tout chaud, avec cette petite croûte dorée croustillante et cette senteur délicate, appétissante de beurre frais qui vient te chatouiller les narines, faire de tes glandes salivaires les chutes du Niagara ou du Zambèze (qui baise pas malgré son nom). Un fantasme si jouissif que tes papilles en fondent de désir tel le beurre dans la poêle à frire...

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Compte à rebours

Ô Mère.

Pendant qu'on t'assassine
pendant que tu râles à travers tous tes oiseaux,
tes baleines et tes lions,
pendant que disparaît ta musique d'abeilles,
que le silence tombe sur la Terre
comme sur un cimetière,
avec tous les autres, je fais bonne figure.

J'écris l'amour pour assécher le désespoir,
j'écris à mon coeur puisque c'est écrire au tien,
puisque nous sommes tous liés
- moutons noirs moutons bleus -
dans la même gerbe de blés tombée dans le feu.

Ô Mère, ma lumière avec toi s'éteint
Et je souris encore, pour protéger les miens.

Je porte le masque des jours glissants
rapides sous la faux,
et pour ne pas mourir trop vite
j'écoute de plus en plus souvent
ton chant toujours puissant en moi,
qui monte et fait de ma bouche un appeau.
Je suis bien trop petite pour être ton porte-voix,
mais je ne sais plus vivre
sans être vive de toi.


2017

Ce qui restera

Il y a un peu plus d'un an disparaissait l'une de mes plus anciennes amies de toile. Elle était poète et s’inquiétait de ce que deviendraient ses textes après elle. Quelques semaines avant son décès soudain elle s'en ouvrait encore à moi. Certes on peut toujours se dire que ce ne sont que des mots, mais en vérité c'est bien plus que ça.

"J'écris pour que le jour où je ne serai plus
On sache combien l'air et le plaisir m'ont plu,
Et que mon livre porte à la foule future
Combien j'aimais la vie et l'heureuse nature."  Écrivait Anna de Noailles. Andrée sodenkamp, cette immense poète belge quasi-inconnue, écrivait à sa manière très terrienne et charnelle qu'elle nous porterait à travers ses poèmes "de beaux morceaux de corps".

Agnès est partie sans avoir eu le temps de rien. Je vais donc me laisser "à ceux qui se hasardent à chercher dans les mots l'ombre des pauvres morts" *.

Pour cela j'ai ouvert un blog-recu…