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Souffle



Et puis il y a des relations étranges, rares, où c'est beaucoup plus qu'un lien qui se noue. Des relations qui sont des évidences, une reliance que l'on perçoit en soi très profondément. Et dont on arrive pas à se défaire. C'est bien au-delà du corps, c'est un noeud de l'âme.

Avec cette personne (parce qu'elle est unique) vous pouvez enfin PARLER. De ce dont vous ne pouvez pas parler avec les autres, tous les autres. Même ceux qui vous sont proches. La relation pourtant est difficile, perturbée par les blessures de l'un et de l'autre. Jusqu'au moment où le parasitage est trop important, trop prégnant, que le doute s'insinue et pour retrouver la paix vous vous réfugiez dans l'absence. De là vous continuez à parler à cette âme-soeur parce que le dialogue ne peut plus s'interrompre dans cette vie. Vous lui parlez à travers les poèmes, vous lui parlez d'air et d'eau, de lumière. Vous quittez votre "petit véhicule" pour embarquer dans le grand. Vous le prenez par la main pour l'entraîner vers un ciel mais son corps pèse si lourd...et le votre est si léger. Si près d'être complètement délité.

Le temps passe. Et vous versez encore sans fatigue aucune, de l'eau claire et du miel sur cette âme, vous la parez des fleurs du printemps, de l'or de l'automne. Vous êtes dans cet Amour au-delà de l'amour, qui n'a rien à voir avec des considérations érotiques. Ensemble vous volez. Même si lui ne sait pas qu'il vole. Il vole avec vous sur le coin de votre aile. Il vole parce

qu'un amour poétique n'a pas besoin de terre...

Commentaires

  1. Je comprends infiniment ce que tu dis. Cette chose rare qui arrive parfois et si rarement. Et on a l'âme comblée, à respirer le même air.

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    1. Oui tout à fait. Et il m'arrive de me dire que ce miracle pourrait sans doute se produire avec tous les êtres humains si nous nous en donnions la peine...

      Des bises ma chère Ka', passe de très bonnes fêtes :)

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  2. Merveilleux ce que ce texte entre en résonance avec quelque chose de ma vie.
    Merci, du fond du coeur
    .¸¸.•*¨*• ☆

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    1. Chère céleste Célestine, j'en suis ravie pour toi. Après j'exprime un profond ressenti que j'ai longtemps observé, décortiqué, mais ça ne veut pas dire que mon "pendant" éprouve la même chose. Et c'est surtout un point de vue personnel et poétique. ^^

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  3. Tu exprimes magnifiquement et de manière si incarnée, cette réalité de nos relations subtiles inscrites en nous au-delà du temps et de l'espace et qui sont pour nous nourriture permanente.
    C'est pour cela que je dis souvent l'un de mes petits slogans : « les relations sont éternelles ».

    Nos relations affectives, quelles qu'en soient leur nature, leur beauté, et leurs égarements, lorsque nous les vivons, hier, aujourd'hui et demain, font de nous des créateurs d'éternité.
    Lorsqu'on y pense véritablement, c'est tellement immense, que l'on ose peut-être à peine y croire.

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    1. Je ne sais pas si les relations sont toutes éternelles mon ami. J'ai adoré véritablement des personnes par exemple sur le net depuis dix-sept ans que j'y pérégrine mais je peux dire que celles que j'ai connu début des années 2000 ne m'en reste qu'une seule. Et pourtant dieu sait à quel point on a pu me dire qu'on m'adorait! Et encore récemment, hommes et femmes. J'ai été sans jamais rien demander la confidente soudaine de personnes qui venaient déverser tous leurs problèmes ou leurs rêves dans ma boite mail, me parler de leurs amours secrètes (je sais des choses salaces sur des internautes en vue tu n'imagines même pas. Ils ont du bol que je sois une tombe!) Bref, j'ai été l'amie de tous et ils/elles ont tous disparu de l'écran. Je n'en veux à personne, j'en ai pris mon parti. Mais quelque part je te confesse humblement et un peu honteuse que j'ai vraiment du mal à croire à l'amitié même si je m'entête en ce sens une part de moi me susurre "tu verras".

      Idem dans la vie. J'ai eu deux très grandes amies dans ma vie. Une qui le fut 40 ans durant, l'autre pendant près de 20. Toutes les deux m'ont finalement perçu comme celle que l'on peut négliger puisque de toutes façons elle sera toujours là en cas de coup dur (et je l'ai été) Un jour, sans doute parce que je n'avais plus d'utilité elles ont disparues. J'écris ceci sans amertume, c'est une constatation. Et crois-moi, si elles revenaient autant l'une que l'autre se verrait accueillie comme l'enfant prodigue. Pour te dire un soir il y a quelques années j'ai eu un coup de fil de l'une dont je n'avais plus entendu parler depuis près de dix ans (ceci du jour au lendemain sans aucune raison). Elle était dans ses petits souliers mais j'ai été au téléphone comme si nous nous étions quittées la veille tant j'étais heureuse de son appel. En bref elle m'a déballé sa nouvelle vie depuis qu'elle avait divorcé, les amants, la réussite personnelle, les 100 kilos qu'elle avait perdu. Elle m'a longuement vanté la réussite de ses enfants. Puis elle a raccroché très vite ceci fait me promettant de me rappeler dans la semaine: j'attends toujours. Mon époux m'a dit "elle te prends pour une conne". Sans doute que je le suis: bonne et conne comme on dit. Dois-je changer ce que je suis profondément? Je suis fondamentalement bienveillante. Et je ne laisserai plus personne insinuer le contraire comme ce fut le cas il y a dix ans sur le net. Voilà ma triste expérience de l'amitié qu'elle soit "irl" ou virtuelle.

      T'embrasse cher Alain

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Compte à rebours

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J'écris l'amour pour assécher le désespoir,
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Et je souris encore, pour protéger les miens.

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2017

Ce qui restera

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Combien j'aimais la vie et l'heureuse nature."  Écrivait Anna de Noailles. Andrée sodenkamp, cette immense poète belge quasi-inconnue, écrivait à sa manière très terrienne et charnelle qu'elle nous porterait à travers ses poèmes "de beaux morceaux de corps".

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Pour cela j'ai ouvert un blog-recu…