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Affichage des articles du juin, 2019

Panem

Je crois que j'ai compris l'importance de la terre lorsque j'étais enfant. Que pauvres et citadins nous ne devions parfois nos repas qu'à la générosité de pépé et mémé Chardin. Qui eux avaient une modeste ferme dont la moitié des bâtiments étaient en ruine, mais qui comportait encore de beaux champs de blé, un long verger tout au bord de l'Isère et un potager qui était une vraie corne d'abondance. Vernaison est si lumineux dans ma mémoire, tant d'amour coule encore de ce souvenir. Le chemin de cailloux blancs qui mène à la ferme, puis sa pente douce devant les écuries, le hangar où sont rangés machines et outils. Puis la maison a un étage, la porte en bois immémoriale. L'odeur particulière de vieilles pommes et d'encaustique quand on entrait.

J'avais trente ans quand je me suis décidée à demander à mon père qui était l'homme en grand uniforme dont le portrait peint trônait juste au-dessus de la place à table du patriarche. C'était le gr…

Ithaque

Avec toi
Sans toi
Mieux qu'Ulysse
J'ai fait un long voyage.

Quelque part
Entre ciel et mer
J'ai dû t'abandonner
Enfin résignée
Aux jupons rouge, à la chair cuivrée
De toutes tes Circé.
Tes chants appartiennent
Aux sirènes aux danseuses
Dont tu baisais les pieds.
Dans mes oreilles
Tout n'était que mensonges.

Il n'y aura plus de voyage
Sous les voiles ailées
Je disparais
Dans la chaleur vibrante
La douce constance
D'Ithaque.



2019

Citation

L’amour, c’est l’occasion unique de mûrir, de prendre forme, de devenir soi-même un monde pour l’amour de l’être aimé. Rainer Maria Rilke

Histoire de fantômes

Image
Marie avait vingt-sept ans. J'en avais quatorze. Mes parents avaient fait la connaissance de ce couple quelques temps auparavant et ils étaient devenus presque inséparables. Il faut dire que Marie avait un charme fou et qu'elle était pétillante, volubile. C'était une jolie blonde coiffée en pétard avec de beaux yeux verts. Son mari Jean, était un homme effacé qui semblait une pauvre petite planète absorbée par un immense soleil. Ils avaient une fillette de trois ans dont il s'occupait beaucoup.

J'étais alors passionnée de mystères, de vie extraterrestre, de contes, tout ce qui était étrange me fascinait. Mes lectures tournaient autour de Lovecraft, Poe ou Hitchcock. Marie, elle,  faisait tourner les tables. Je veux dire qu'à l'occasion elle pratiquait le spiritisme. Un soir où je me moquais gentiment de ce qu'elle nous racontait elle s'était tournée vers moi et m'avait dit d'une manière très véhémente: "Et si je te disais que là mainte…

Convalescence

Va mieux. Mains à peu près utilisables. Doigts encore un peu capricieux (surtout ce gougnafier de majeur..) Épaules? La gauche fait encore des siennes, la droite presque opérationnelle. Bref, je sors d'une grosse crise de...on sait pas trop quoi, qui m'a laissé sans bras ni mains pendant plus d'un mois. Impossible de rester plus de dix minutes devant le clavier. Etre dans cette situation handicapante m'a beaucoup fait gamberger -oui, je sais man: je pense trop. Je vais changer des choses dans ma manière de gérer ce blog. L'ouvrir. L'aérer. Le nourrir. Y mettre au possible un peu plus de joie. "Parler d'sa vie" comme disait Goldman...De la poésie toujours.

A pluche donc.