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Au revoir mon amie



La conversation est restée en suspens dans la petite fenêtre du tchat.

C'est comme si tu allais revenir et la reprendre où nous l'avons laissé. Je ne peux pas la supprimer. Il y a dans ces dernières paroles échangées tant de bleu et de rose. Le bleu de tes doutes, de tes craintes, et le rose soudain de cette décision de faire enfin ce recueil de textes mythologiques que j'aimais tant (et d'autres avec moi). Et cette Perséphone, cette "fille courbée", elle m'a tellement parlé de toi..


La conversation est restée en suspens. Imagine-t'on que l'on ne va jamais revenir la terminer? Imagine-t'on que l'on va périr aux alentours de Noël? Imagine-t'on que l'on va foudroyer les siens et tous ceux qui nous aime, les laisser pétrifiés de stupeur? Non, tu me parlais comme nous parlons tous: comme si nous étions éternels.

Mais nous ne le sommes pas. Hâtons-nous de dire à ceux qu'on aime la lumière qu'ils nous inspirent, la lumière qu'ils font dans nos yeux, nos poitrines, nos têtes. Et même nos ventres parfois quand c'est Lui qui nous parle.

Frappée par une foudre sans bruit. Une foudre qui a laissé un sillage de fumée noire, un crêpe de deuil. Pas plus que je ne peux "croire" à la mort des miens, je ne peux pas croire à la tienne. Ta voix, ton coeur inquiet, ton âme pleine de cette solitude fondamentale, sont restés en suspens. Beaucoup de bleu et cette pointe de rose, cette étincelle qui aurait pu tout rallumer si ton coeur ne s'était pas éteint...

Désormais quand Noël approchera, j'aurai des papillons qui voleront vers toi. Comme j'en ai en juin pour notre amie Danielle.

Ma chère Agnès, je n'arrive pas à croire que tu ne viendras plus toquer sur la porte de mes silences, je laisse notre conversation en suspens dans sa petite boite, qui sait, nous la reprendront peut-être plus tôt que mon insouciance le croit...

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