Accéder au contenu principal

Adultère



"Que les liens du mariage soient sacrés ou non, je les vois tels qu'ils sont, tressés et étrangers à moi. Je n'ai pas volé cet homme. Je l'ai pris pour voler. [ ..] Il avait demandé ce qui se passerait si nous tombions amoureux l'un de l'autre, et il avait dit que ce serait une catastrophe pour tant de gens. Sans les nommer, dans le creux de notre conscience, on avait pensé à ceux qu'on rendrait malheureux."

Extrait de "L'envie"de Sophie Fontanel

Ce n'est pas le cou tordu de la morale qui me trouble ici, mais bien ce mal fait à de nombreuses personnes en conscience. Tous ceux qui allaient être disloqués par le mensonge comment les oblitérer?

Le "cocu" fait rire depuis la nuit des temps. C'est quand même avoir bien peu de considération pour son univers qui s'écroule, le mensonge qu'il découvre et qui l'ébranle jusqu'aux tréfonds de lui-même, qui l'ampute sans anesthésie d'un sentiment de confiance essentiel à l'autre. Comment se reconstruire et avoir à nouveau confiance en l'autre après une telle trahison?

Si je n'aimais plus je partirai. Franchement, honnêtement. Mentir et tromper ça me serai juste impossible. Je peux rêver, dériver, mais mon corps demeure où il est. Comme un vase sacré.


Commentaires

  1. Etre honnête, avouer les sentiments qui ne sont plus, ne pas vouloir faire souffrir plus l'autre. Voilà des qualités à mon sens. Mais cela demande de l'énergie, et l'intelligence du coeur et de l'âme. Et ce n'est de loin pas donné à tout le monde. Pour répondre à la question, je viens de la Suisse romande. Bises alpines.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Non ce n'est pas donné à tout le monde. Quand le couple fait la constatation que plus rien ne les unit la séparation vient naturellement, mais très souvent il y en a un qui aime encore et là c'est le drame. J'ai vu un reportage sur l'ethnie Moso en Chine et ce fonctionnement sociétal m'a paru incroyablement bien adapté à l'humain. Le mariage n'existe pas, le couple non plus. Et tout le monde y trouve son compte et est heureux. Bises

      Supprimer
  2. Ce sont des choses tellement personnelles... qu'il est difficile d'en parler... et le pardon, avec le temps... c'est possible évidemment, mais quel chemin parcouru pour protéger et éviter la souffrance !
    Bonne journée Dé.
    Den

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne juge pas évidemment, mais cette souffrance-là je peux en parler en connaissance de cause. C'est moins le fait d'être abandonnée du jour au lendemain qui est traumatisant, que le mensonge, la dissimulation, la tromperie. Tout s'écroule bien au-delà de la relation elle-même, cette expérience remet en cause tous nos rapports sociaux. A qui faire confiance dès lors que celui que l'on aime le plus au monde nous trahit? Après, le pardon, moi j'ai surtout effacé plutôt que pardonné. Le comique c'est que l'homme en question parle à mes parents comme si rien ne s'était passé...

      Bonne journée Den :)

      Supprimer
  3. Il y aurait des thèses à écrire sur le sujet, et notamment on ne s'interroge pas suffisamment sur le « pourquoi » de l'adultère...
    N'y aurait-il pas quelque chose à revoir dans me système archaïque du «mariage pour la vie » qui avait sans doute davantage sa raison d'être quand l'espérance de vie était limitée...
    Et surtout qu'est-ce qui fait que les gens s'accrochent quand même à cette institution au point de la préserver même quand elle s'est délitée ?
    Intéressants, ces Chinois...Tout comme ton billet d'ailleurs...
    ¸¸.•*¨*• ☆

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui Célestine je suis d'accord avec toi sur le fait de s'interroger en amont sur l'adultère. Parce qu'au fond est-ce qu'on aime encore la personne qui vit avec nous si on a une aventure? Si on a si peu de considération pour notre compagne ou compagnon de vie alors autant être honnête et le ou la quitter. Enfin je vois les choses comme ça.

      Il m'arrive de penser que nous ne sommes pas faits pour vivre en couple pour un grand nombre d'entre nous et surtout que notre coeur peut aimer (éros) plus d'une personne à la fois.Il y a des personnes qui se sentent parfaitement à l'aise dans leur "vieux" couple. Un couple où l'on a appris à très bien connaître l'autre sans être fusionnels. C'est le cas pour moi, nous nous laissons une grande latitude d'esprit, d'espace. Mon époux a ses occupations, j'ai les miennes. Il n'y a ni flicage, ni intrusion. Mais nous nous faisons confiance.

      Après il y a la question du rêve, du flirt. Une femme sur le net, qui écrit parfois de la poésie grivoise tu imagines bien que ça émoustille certains messieurs. Des propositions j'en ai reçu un certain nombre, j'ai eu de tendres amitiés mais de là à transgresser mes principes. Alors après je ne sais pas si se laisser toucher le coeur c'est de la tromperie ou pas, je crois sincèrement que non et que tout être humain a droit à un peu de r^ve en plus dans sa vie...

      Si cela t'intéresse le documentaire sur les Mosos est disponible sur youtube, tu verras c'est vraiment un exemple à suivre. Que la Chine veut éradiquer.

      Supprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Fantasme et fantaisie

Imagine que ton plus grand fantasme ce soit de te voir servir au matin quand tu te réveilles, un énorme croissant - mais énorme hein, une viennoiserie maousse costaude - tout chaud, avec cette petite croûte dorée croustillante et cette senteur délicate, appétissante de beurre frais qui vient te chatouiller les narines, faire de tes glandes salivaires les chutes du Niagara ou du Zambèze (qui baise pas malgré son nom). Un fantasme si jouissif que tes papilles en fondent de désir tel le beurre dans la poêle à frire...

Bon. Imagine maintenant qu'un matin tu te réveilles parce qu'on sonne à ta porte. Tu ouvres et c'est ton fantasme (comment il a sonné? Avec l'une de ses "pointes" tiens pardi!) Tu es au bord de la pâmoison devant sa "chair" (c'est un croissant n'est-ce pas, pas une côte de boeuf!) soudain incarnée et il est tout comme tu l'avais imaginé: il sent bon et sa dorure te fait de l'oeil. Tu déglutis les chutes du Zambèze dans to…

Fille du non-vouloir

Petit haricot de cellules tourbillonnantes qui a grandit dans un océan de larmes en guise de liquide amniotique, voilà le fond de tristesse qui clapote en son âme. A travers l'épaisseur de la chair a t'elle senti les coups ? Par le cœur de sa mère a t'elle entendu les injures ? « Putain » disaient-ils en choeur en insultant une vierge. Enceinte certes, mais vierge.
Le secret dévoilé au bout de tant d'années d'incompréhension et de douleur. L'ignorance des jeunes de cette époque-là, tout se résumait à cela. Parce qu'on ne parlait pas de « ça » en ce temps-là.

Quarante ans de bagne à traîner un boulet plus gros qu'elle.

Et tout enfin, se mettait en place, toutes les pièces du puzzle. Tous les détails s'assemblaient pour dresser le portrait de la bêtise crasse. Le regard bleu glacé de colère méchante du père, comme une guerre froide face à l'innocence de ce petit visage. Son cœur à elle qui ne comprenait pas pourquoi. Et qui tentait encore et …

Souffle

Et puis il y a des relations étranges, rares, où c'est beaucoup plus qu'un lien qui se noue. Des relations qui sont des évidences, une reliance que l'on perçoit en soi très profondément. Et dont on arrive pas à se défaire. C'est bien au-delà du corps, c'est un noeud de l'âme.

Avec cette personne (parce qu'elle est unique) vous pouvez enfin PARLER. De ce dont vous ne pouvez pas parler avec les autres, tous les autres. Même ceux qui vous sont proches. La relation pourtant est difficile, perturbée par les blessures de l'un et de l'autre. Jusqu'au moment où le parasitage est trop important, trop prégnant, que le doute s'insinue et pour retrouver la paix vous vous réfugiez dans l'absence. De là vous continuez à parler à cette âme-soeur parce que le dialogue ne peut plus s'interrompre dans cette vie. Vous lui parlez à travers les poèmes, vous lui parlez d'air et d'eau, de lumière. Vous quittez votre "petit véhicule" pour…