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Deux oiseaux




Elle a ce sein un peu lourd,
si fondant dans la paume,
rond comme le ventre d'un oiseau
et tout aussi chaud
doux de plumes, avec ce petit bec rose
qui n'a jamais connu la bouche de l'enfant.
Celle de l'amant l'a tenu si souvent
frémissant
sensible entre ses lèvres, verni de salive,
frissonnant suspendu, dans l'espace
toujours trop froid
de la chambre.
Elle a ce sein rond des favorites
couronné de bouches, cerné d'émail,
blanc comme le satin, timide comme ses joues,
cet arc plein sur sa mince poitrine,
qu'elle dissimule parce qu'il appelle la main
celle de l'aimé et que malgré tout,
dans sa chair trop fragile, elle craint.

Elle a surtout ce sein vivant qui bat
caché sous sa chemise, qui bat jusqu'à sa gorge
lorsque de petite mort
elle agonise.


2017

Commentaires

  1. Bonjour Dé !
    J’aime beaucoup ce poème très inspiré, si sensible et délicieusement évocateur. Ah ! la douce chaleur du ventre rond d’un oiseau « si fondant dans la paume » ;-)
    Bises.
    David

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  2. Parfois il est difficile de commenter tant le texte est si beau. On aurait presque peur de l'abîmer par des mots superflus.
    On demeure comme en contemplation. On lit et relit… pour ne pas dire on se délecte à ce sein… tant de délicatesse exprimée, et aussi de montée du désir à la fois retenue et transporté si loin, si profond…
    Décidément, tu excelles dans bien des registres…

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    Réponses
    1. Je ne sais pas Alain, je me débrouille juste avec ce dont je dispose :)

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  3. Que rajouter de plus... ces mots si délicats déposés sur la page, évoquent la femme, la mère que nous sommes, dans la douceur, la pudeur dévoilée... tant de sensibilité pour ce sein dense, cette gorge qui palpite, ce ventre rond chaud ... offerts ou gardés.
    Merci Dé pour ce texte plein de sensualité.
    Den

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    Réponses
    1. merci douce Den d'être passée et d'avoir laissé quelques mots :)

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  4. C'est très délicatement exprimé.
    j'aime beaucoup.
    merci pour cette fenêtre ouverte sur une troublante et belle intimité.
    ¸¸.•*¨*• ☆

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