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Nouvelle génération



Quand je discute avec mes enfants je prends la mesure de tout ce qui nous différencie sans pour autant nous éloigner. Ils sont complètement dans l'instant présent, se projettent très peu et ça c'est plutôt bien. Ils sont là où ils doivent être. Je pourrai même raccourcir davantage en écrivant: ils sont. Et poser un gros point final.
Sur le sujet des religions ou de la simple spiritualité ils n'y trouvent aucun intérêt. La notion de "dieu" amène dans leurs yeux incompréhension, voire un brin d'effarement. "Non mais maman, croire en dieu au 21ème siècle?!..."  Mon fils en riait encore rien qu'en me racontant qu'un étudiant musulman faisait du prosélytisme dans leur promotion de dernière année de master et comment il était gentiment charrié sur le fait d'être un scientifique et de croire en "un bonhomme qui habiterait le ciel".
Je pourrai argumenter sur le fait que c'est beaucoup plus compliqué que cela et que la spiritualité ne se résume pas -heureusement- aux religions. Mais à quoi bon? Je les respecte profondément, je respecte profondément les individus qu'ils sont et je le fais sans effort aucun, n'ayant pas été respectée moi-même je sais quel mal cela peut faire d'être la "propriété" de quelqu'un d'autre fut-ce votre mère. Je n'ai pas mis au monde "mes enfants" j'ai accueilli deux individus. A ce propos j'ai une question qui me trotte et j'ai bien envie de vous la poser: Pourquoi avez-vous fait des enfants? (attention réfléchissez bien, c'est VOUS dont il est question)

Parce que lorsque je me la pose je n'ai pas vraiment de raison. en faut-il une d'ailleurs?

Peut-être que parce que dans le regard de mon époux l'enfant était le point d'orgue du couple. Est-ce que j'avais réellement le désir d'avoir des enfants? Je pense que j'ai voulu m'inscrire dans cette ligne familiale, cet arbre d'où j'avais été brutalement arrachée.
Et puis comme souvent dans les instants "x" de mon existence,  je me suis laissée "porter". Je m'en remets à. Je me confie à.  Et à ce jour cela m'a toujours beaucoup apporté. Au contraire de mes enfants je suis profondément "habitée" et en fait, je l'ai toujours été. C'est comme ça, et je vais faire hurler tous les athées de la Terre je le sais. Mais ils ne sont pas moi, ils ne ressentent pas ce que je ressens et comment je suis traversée par tout ce qui m'entoure; Dès lors comment pourraient-ils me comprendre, m'approcher, et je suis fatiguée de devoir me justifier.

Et la boucle se referme tout doucement. Parce que si la Vie n'a d'autre fonction que de se poursuivre sans but et sans motif, s'il n'y a pas de dessein au bout, de "grand Plan" alors pourquoi? Pourquoi faire des enfants? Pourquoi jeter tant d'innocents dans l'âtre du monde? Pourquoi tant et tant de souffrance? Pour espérer qu'ils fassent "la différence"?

J'aime mes enfants, plus que tout au monde. Vraiment, au point de donner ma vie s'il le fallait. Mais aujourd'hui quand je vois l'état du monde j'ai honte de les y avoir jeté...

Commentaires

  1. Bonjour. Je trouve très beau d'être habitée. Alors non, cela ne mérite pas de hurlements ni de la part des uns, ni de la part des autres. Pour moi, on peut être habité sans faire pour autant partie d'une communauté religieuse. On parle d'individualisation de la religion. Aujourd'hui, les gens se fabriquent un mode de croire. Et mélangent des courants, des religions, des idées. Et je trouve cela beau et révélateur de cette soif d'être relié à quelque chose.

    Et pour ce qui est de l'état du monde, je me dis simplement que comme à toutes les époques, les enfants d'aujourd'hui seront les adultes de demain et auront des capacités pour se battre, pour faire grandir le monde et leurs valeurs intérieures, d'une manière ou d'une autre.
    Voilà pour ma petite contribution du jour. Belle journée.

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    1. Bonjour Dédé, oui tu as raison mélanger les courants, les religions, les idées c'est exactement ce que je fais. Mais c'est moins pour "croire" que pour tenter de comprendre le but de la Vie. Parce que j'espère encore qu'il y en a un.

      Ce que tu dis au sujet des enfants d’aujourd’hui me fait penser à cette chanson de Goldman dans laquelle il dit "Fais des bébés, fais des bébés
      Ça f'ra p'têtre des cadavres pour leurs saletés de bombes
      Mais aussi des cerveaux pour ne pas qu'elles tombent." Alors garder espoir même s'il s'amenuise de jour en jour...

      Belle journée à toi aussi

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  2. ta question m'interpelle... (pourquoi des enfants?)
    je vais je crois, y répondre dans un billet chez moi.

    Moi aussi je me sens habitée... mais je n'ai pas assez approfondi, par peur je crois que cette "habitation" ne soit très (trop) exigeante

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    1. Alors si je t'inspire coumie c'est top moumoute! ;)

      Oui je sais que tu l'es, habitée. Et en effet on peut avoir "peur" de ce qui nous habite et menace de brûler la baraque. Mais c'est un bon feu je pense...

      Bise

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  3. Vous abordez toujours avec talent plusieurs thématiques dans votre texte. Il y a d'abord la notion de transcendance qui vous ait chère. Vous ne pouvez vivre sans elle, me semble-t-il ? Nous avons là, vous et moi un point commun.
    Ensuite, la thématique de la parentalité et votre amour inconditionnel pour vos enfants. En cela, on reconnaît que vous êtes une vraie mère. Par contre, je ne peux vous suivre là-dessus, n'ayant jamais eu d'enfant. Je n'e souffrais pas et maintenant que l'âge avance, je ressens comme un manque de ce côté là.

    On pourrait si vous le permettez, résumer votre texte par le mot AMOUR. Oui amour, car la transcendance ne peut que l'être et amour, puisque vous aimez vos enfants jusqu'à donner votre vie, écrivez-vous.

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    1. Jean-François si vous le voulez bien, tutoyez-moi. Merci. :)

      Je ne suis pas sûre que pour moi il s'agisse de transcendance, mais plutôt de réalisation d'un Soi profond. Je ne sais pas si j'emploie les termes "techniques" appropriés et à vrai dire je m'en cogne un peu des mots "techniques". Mais je suis ravie d'avoir un point commun avec vous, on se sent moins seule du coup ;)

      Ma soeur puînée n'a pas d'enfant, et n'en a jamais voulu. Mais elle n'a jamais trouvé aussi l'homme qui lui aurait donné l'envie d'en avoir. Ceci dit on lui a souvent annoncer comme un mauvais présage que n'ayant pas d'enfant elle serait seule dans sa vieillesse. Ce à quoi elle réponds qu'elle voit tous les jours dans le cadre de son travail des personnes âgées ayant des descendants et pourtant complètement abandonnés. Enfants partis travailler loin, fâcheries etc etc les motifs sont nombreux à la solitude de nos anciens. Donc faire un enfant n'est en aucun cas une "garantie" contre de vieux jours solitaires.

      Merci pour ces mots plein de gentillesse.

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  4. Je ne me suis jamais posé cette question, c'est étrange.
    Un jour je me suis réveillée en me disant: c'est le moment, j'ai envie de devenir mère, et toc, ça a marché j'ai eu de la chance...j'ai tellement aimé ça, que je l'ai fait trois fois.
    Mais pourquoi, non, jamais, ça s'est imposé comme une évidence.
    Pour ce qui est de ta foi, je la respecte. jamais je ne hurlerai parce que quelqu'un croit. La seule chose qui me fait hurler, ce sont les gens qui confondent croire et savoir. Les prosélytes. Les fous, les inquisiteurs. Tout ça me fait flipper.
    On n'a aucune preuve que Dieu existe, et on n'a aucune preuve non plus qu'il n'existe pas. Alors qu'est-ce que c'est que ces certitudes ? Je suis une pure agnostique, avec une profonde spiritualité que je puise dans la contemplation de l'univers.
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. J'aurai pu avoir un troisième enfant, à vrai dire j'y ai pensé, je l'ai même rêvé. C'était une fille et nous l'avions appelé Anouk. Seulement j'ai eu un second accouchement très violent, très déshumanisant, qui m'a laissé sur le carreau psychologiquement et je n'ai pas eu la force de recommencer l'expérience. Et vu la suite des événements, la maladie de ma fille, et comment notre fils a été finalement sacrifié sans même que nous nous en rendions compte, je me dis que c'est aussi bien d'avoir laissé ce troisième enfant dans les limbes.

      Tu sais je ne me définie pas comme "croyante". Je trouve ce terme limitant, et même un peu condescendant. Je n'ai pas la foi. Je suis "quêteuse". J'ai un besoin viscéral de réponses à mes questions. Et je les cherche partout. J'ai trouvé des bribes, des éléments de réponses et surtout j'ai fait des expériences intérieures. Vu de "l’extérieur" cela peut paraître timbré, surtout que l'un de mes amis il y a longtemps me disait "le divin est indicible". J'ai pu expérimenter au cours des années que cet avertissement était fondé.

      Je suis tout à fait d'accord avec toi pour ce qui est du fanatisme religieux. Je trouve cela effrayant cette volonté qui peut aller jusqu’au meurtre pour imposer à l'autre son point de vue au nom de "dieu".Pour ma part est vraiment dans une démarche honnête et sincère celui ou celle qui cherche et expérimente pour lui-même, je suis persuadée que la spiritualité est un voyage solitaire. Les religions me font de plus en plus horreur.

      Mais quand tu contemples cet univers plein de mystères, n'y a t'il pas foule de questions qui se bousculent en toi? Est-ce qu'il n'y en a qu'un? A t'il une fin ou pas? Y a t'il de la Vie ailleurs? Quand j'étais ado je lisais beaucoup, vraiment beaucoup. De tout. Et des comics aussi. Et une histoire de Guy L'Eclair m'a profondément interpellée. Il s'était fait rapetisser pour aller sauver les gens d'un monde dont le système solaire était logé dans l'anneau d'un porte-clés! Je crois que c'est là que j'ai commencé à m'interroger sur l'univers, les univers multiples, l'espace-temps etc. Rien que de lever les yeux vers les étoiles me remet d'emblée à ma petite place d'être humain qui n'a au fond pas plus d'importance que celle d'une fourmi :)

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  5. La spiritualité n'a d'intérêt que si c'est une attirance forte, à l'intérieur de soi, comme une lumière brille dans la nuit et donne le goût sucré d'y aller voir… à défaut, cela ne peut être que du bavardage ou du brassage religieux ou idéologique. Donc froid, éteint, et pour tout dire… chiant !
    Pour ma part, la démarche spirituelle fut et demeure la source de mon bonheur… Je ne vais quand même pas m'en priver ! Quant aux autres… qu'ils pensent vie ce qu'ils veulent… du moment qu'ils ne me brûlent pas en place publique !
    Sinon, il est peut-être utile que je précise n'appartenir à aucune religion labellisée.
    Confondre démarche spirituelle et existence ou non de Dieu… c'est un débat pour ceux qui ont du temps à perdre !

    NOUS (Notre couple) avons réfléchi à notre désir d'enfant, avant de concevoir.
    Ça semblait tout naturel vu ce que l'on engageait.
    Pour ma part (je n'ai pas ici à parler à la place de ma compagne de vie) je désirais profondément, je dirais même viscéralement, accueillir et éduquer des enfants avec comme objectif principal de « briser la chaîne mortifère de ma lignée ». J'ai l'audace de prétendre y être suffisamment parvenu en voyant le bonheur de vivre de mes enfants, de leurs conjoints, et de mes petits-enfants… Briser cette chaîne fut l'une des principales motivations au « travail sur moi » pour ne pas reproduire les conneries familiales dont j'avais constaté les dégâts.
    Il faut dire que je crois profondément que l'humanité a un avenir dans une trajectoire dynamique et positive. Il faut pour cela bien évidemment porter le regard loin et ne pas avoir le nez dans le guidon des emmerdements du temps actuel.
    J'ajouterai que je ne suis pas un optimiste, mais un espérant…
    j'y peux rien, c'est ce qui donne du sens à ma vie !



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    1. Je suis d'accord avec toi Alain. Une grande et bonne lumière, une faim, une soif qui ne peut pas se contenter des mots des hommes. Pour ma part je me rends compte depuis peu à quel point elle est déconnectée de l'existence ou non d'un "dieu". Je ne peux pas croire en dieu. Cela ne me satisfait pas, intuitivement, instinctivement. Il y a quelque chose d'autre qui nous frôle parfois. Je le sens, parce que ça me traverse. Peut-être qu'il faut être assez poreux pour sentir, je ne sais pas, je ne sais rien. Et c'est formidable d'être une page toujours blanche. :)

      Ne pas reproduire les conneries familiales, je l'ai fait naturellement: mes enfants ont eu une vie très différente de la mienne. J'ai respecté leurs choix, je les ai laissé libres. Mon travail actuel c'est d'essayer de ne pas leur communiquer mes angoisses. Faire des enfants pour eux n'est pas une priorité. Mon fils veut voir le monde et ne pas se poser avant la trentaine. Ma fille ne veut pas d'enfant, elle n'a que 22 ans et puis il y a la maladie...ne pas avoir de descendants n'est pas un drame pour moi. Les oliviers millénaires sont en train de mourir et mon arbre familial peut bien mourir avec eux...

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  6. Bonjour Désirée, il y a si longtemps que je n'ai pas commenté -ce qui ne m'empêchait pas de passer de temps à autre, même pendant ta longue période d'absence :-)
    Je me la pose souvent, cette question, pourquoi ai-je voulu des enfants ? Pour eux ? Pour moi ? Alors qu'ado je disais ne pas en vouloir, je me souviens, je trouvais le monde si moche, si dur, avec au bout la souffrance et la mort pour chacun...
    Et puis il y a eu la joie des vingt ans, des vingt-cinq, ces belles années de tous les possibles, de la vie belle, l'amour, les découvertes, la liberté, la lumière du monde et le désir d'enfant plus fort que soi, comme une évidence...
    La question est souvent revenue après, sans réponse, de la culpabilité plutôt, de la honte dis-tu et je comprends ce que tu dis, comme un cadeau empoisonné qu'on aurait fait à ceux-la même que l'on aime plus que tout... Peut-être que la nature est ainsi (bien ?) faite qu'à l'âge de donner la vie le désir de vie est en nous plus fort que tout !
    Ceci-dit mes enfants me paraissent contents d'être là, l'une à fond dans le bonheur de l'instant présent, l'autre la tête plein de projets, alors...
    Je te souhaite un bon dimanche, Désirée. Bises

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    1. Chère Ka', tu sais bien que tu commentes quand tu veux d'ailleurs je ne suis pas certaine que tu aies battu le record d'écart de temps entre deux commentaires: le champion reste je crois Nico Niquedouille ^^ Mais j'avoue que j'aime bien avoir des nouvelles de temps à autre. Pas pour le commentaire mais simplement pour savoir que les gens vont "biens".

      Tu mets le doigt sur un point qui me parait en effet essentiel, cette force de Vie en nous qui nous pousse, cette évidence. Ou cette nécessité de l'espèce qui est gravée en nous et qui s'exprime à travers tout ce "jus" de notre jeunesse. J'aime beaucoup ce que tu écris. Et c'est vrai que malgré tout mes enfants semblent heureux et rien que pour ça, bin ça valait le coup de les mettre au monde.

      Belle fin de semaine, Ka'. Bises

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  7. Bonjour très chère Dé !
    Voilà un texte bien intéressant, évoquant des questions essentielles que tous les parents se posent un jour, ou devraient se poser, à propos de leur progéniture ! Si vaste domaine de réflexion qui rejoint des questionnements aussi fondamentaux que l’origine et la raison d’être de notre espèce : qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ?
    Lorsque je discute avec mes enfants, et avec d’autres « jeunes » de leur génération, je constate aussi qu’« Ils sont complètement dans l’instant présent, se projettent très peu ». Mais contrairement à toi, je ne trouve pas ça « plutôt bien ». J’interpréterais ça plutôt comme un signe inquiétant de l’évolution de nos sociétés dites « modernes » qui mettent l’accent (et la pression) sur l’individu (pour mieux le contrôler ?) et le stressent de telle manière que sa priorité ne puisse plus être que l’instant présent ! Ainsi, je trouve désolant que nos enfants ne se projettent plus guère dans l’avenir, n’aient plus de « visions », c’est-à-dire d’utopies sans lesquelles toute perspective de progrès social – et par conséquent humain – me paraît bien compromise ! Par rapport à mes enfants, il me semble qu’à leur âge je ne me souciais pas tant du temps présent que du temps à venir, nourrissant l’utopie collective d’un monde meilleur pour tous. Il me semble que nos enfants sont déjà désabusés à peine ont-ils l’âge de se poser des questions, qu’ils n’espèrent plus grand-chose d’une société qui les pousse à ne compter que sur eux-mêmes : du chacun pour soi !
    Quant à ta question de savoir pourquoi nous (difficile d’employer le « je » lorsqu’il s’agit de « deux ») avons fait des enfants, je ne sais pas s’il est possible d’y répondre. Je n’ai pas l’impression d’avoir jamais décidé d’avoir des enfants. Au moment où c’est arrivé, il m’a semblé que cela allait de soi, comme la prochaine étape évidente de la vie d’un couple. Je crois que parvenus à un certain stade de notre vie, au-delà de l’impérieuse nécessité d’assurer la survie de l’espèce, nous ressentons un besoin « vital » de transmettre notre vécu, autrement dit notre essence. Ce « besoin » d’enfant ne répond-il pas finalement à une pulsion d’assurer notre propre survie « en » nos descendants au travers de tout ce que nous pourrons leur transmettre ? Pour ma part j’en suis convaincu. Comme je doute d’avoir répondu à ta question ;-)
    Une chose est sure : il y a un « avant » et un « après » les enfants, dont nous n’avons pas bien conscience au départ, ce qui en fin de compte est bien préférable :-)
    Je t’embrasse.
    David

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    1. Coucou David :) Oui la pression sociale et surtout "patronale" c'est sans doute le coté obscur de ce que je perçois comme un "bien". J'étais plutôt dans une pensée orientale en parlant de présence effective, "solide" dans l'instant. Et ce que cela a de bon d'être là, de goûter chaque minute plutôt que d'être dans la fuite en avant permanente qui au final laisse insatisfait et vide. Il faut prendre le temps de se "remplir".

      Ma fille m'a dit il y a quelques temps que pour sa génération "tout était foutu" et comme chaque mauvaise nouvelle (et elles sont si nombreuses, si nombreuses...) concernant le monde nourrit en moi une angoisse que je peine à dépasser avec le peu d'espoir qui me reste, et bien je n'ai pas su lui en donner, de l'espoir justement. Mon fils n'est guère plus optimiste. Je pense que nos enfants ont été rattrapés par la réalité. Internet permet de rêver mais c'est aussi une source d'informations toutes plus alarmantes les unes que les autres. Cette génération Z est très singulière je trouve. Avec un fond sombre et désabusé. J'ai vu une info la semaine dernière au sujet des Japonais. De leur jeunesse qui ne fait plus l'amour, qui ne fait plus d'enfant, qui est terriblement solitaire alors qu'ils sont des millions dans leur mégapole.

      Je t'avoue que longtemps j'ai été en joie à l'idée d'un jour avoir des petits-enfants. J'imaginais à qui ils pourraient ressembler. Les liens du sang. La génétique. Cette conscience que j'ai depuis longtemps de "porter" mes ancêtres dans ma chair et de voir ces "informations" poursuivre leur chemin. Mais aujourd'hui je ne suis plus dans le désir, je suis dans l'accueil de ce qui viendra. Je n'attends rien, je laisse faire. Parce que faire quelque chose, dire quelque chose, je ne me l'autorise pas. Je ne pourrai pas dire à mon fils: "Alors les petits-enfants c'est pour quand?" ^^ Ah ça non alors.

      En tout cas merci pour ce commentaire très pertinent cher David.

      Je t'embrasse et à bientôt :)

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  8. Bonjour Désirée
    Il y a pas mal d'années que j'évite les questions et ne cherche plus d'explications car la plupart du temps ce n'est qu'incompréhension et souffrance.
    Dieu sait (?) si j'ai des enfants aimants et que j'aime mais les avoir amenés dans ce monde de folie, de méchanceté, de terreur et de pollution m'a longtemps torturé d'un extrême sentiment de culpabilité qui n'a rien de positif et ne règle rien.
    Paul Valéry a, me semble t'il, raison lorsqu'il affirme:
    "le vent se lève....il faut tenter de vivre".
    Trop de questionnements, de controverses, de discussions, d'interpellations mènent vers l'aliénation et le déséquilibre et empêchent de savourer l'instant présent.
    J'aime le Ravi de la crèche qui lève les bras au ciel en signe d'émerveillement devant le miracle de la nativité. C'est le langage du corps bien connu des méditerranéens, pas besoin de parler pour exprimer ce que l'on ressent, le corps « prend » la parole. La joie du ravi est démonstrative et communicative, il prête à rire avec ses bras en l'air et sa tête d'étonné. Le ravi est un personnage attachant, on dit qu'il est un « simple d'esprit ». Autrefois, on disait que chaque village avait son « idiot du village », son « fada » (qui signifie littéralement « possédé par les fées »). Il est en extase (on décrit l'extase comme « l'âme qui rencontre Dieu »). Il ne peut offrir que sa présence mais son « ravissement » à la vue de la naissance de Jésus en fait un homme bon.C'est un personnage des plus modestes C'est un naïf. Il est habillé simplement, un bonnet sur la tête. Il n'apporte rien sauf sa joie, il ouvre son cœur, il nous montre le chemin du bonheur dans la simplicité.
    J'aimerais bien être le Ravi de la crèche.
    Bien à toi.
    Renaud

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