Accéder au contenu principal

Je te salue Marie



Christian Schloe





Je te salue Marie, pleine de grâces,
toi qui a trouvé la force et le courage
parce que la mort était en retard 
de sacrifier ce qu'il y avait de plus grand en toi:
ton amour pour ton enfant.



2016

Ultime don de Soi.



Marie H. hante mes pensées chaque fois que les indices sont mauvais, chaque fois que les preuves de l'effondrement de notre monde sont là, chaque fois que ceux qui vont bien veulent "briser le système", chaque fois que je ne parviens plus à percevoir la palpitation légère de l'espoir.

Même mes rêves sont remplis de toi...


***

Il y a des moments de surprise dans la vie, de bonne surprise, qui viennent bousculer mon humilité maladive pour me dire "tu as ta place ici". C'est la troisième fois je crois qu'une personne qui me lit (j'ai toujours vergogne à dire "mes lecteurs" c'est tellement prétentieux) me fait le cadeau de son écho personnel. Le fait me bouleverse, la joie me bouscule. Et quand c'est une personne lumineuse qui échote, le plaisir et l'émotion sont au top. Donc, Alain de "J'en rêve encore" me fait l'honneur de résonner sur ce texte et je l'en remercie du fond du coeur.  Clic-là--->        Il suffit de presque rien

Commentaires

  1. Rhalala ! C'est prenant ton poème !… Tu me sidères sans cesse par cette qualité. Et je t'assure que je suis sincère en disant ça. Je ne te lis jamais sans émotion.
    Le don de soi… c'est peut-être cela l'espoir palpable. Cela me prend du plus profonde de coup, en te lisant.
    Et s'il n'y avait plus que cela : le don de soi.
    Il n'y avait plus que cela véritablement salvateur.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Il y a une forte dimension spirituelle dans ce texte que j'ai considérablement raccourci après coup pour ne garder que l'essentiel. L'affaire Marie Humbert m'a beaucoup fait cogiter simplement parce que j'ai une enfant gravement malade dont la vie dépend du "système". Ces pensées funestes peuvent paraître inutiles ou déraisonnables à certains, mais personne n'est à ma place pour venir la fleur aux dents me dire que "l'avenir n'existe pas et pas la peine de s'angoisser". A vrai dire je ne me sens pas "angoissée" vraiment, je me sens comme un chien qui renifle un obstacle. "Heureux ceux qui ont été éprouvés" Jusqu'où va l'épreuve? Le don de Soi comme ultime épreuve?

      Supprimer
  2. http://www.enfancedesarbres.com/2016/11/blog-post_19.html

    bises

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci Valentine, je ne connaissais pas ce poète qui a un véritable talent. Ce texte fait écho en moi bien sûr...je vais garder cette adresse.

      Bise

      Supprimer

Enregistrer un commentaire

Posts les plus consultés de ce blog

Fantasme et fantaisie

Imagine que ton plus grand fantasme ce soit de te voir servir au matin quand tu te réveilles, un énorme croissant - mais énorme hein, une viennoiserie maousse costaude - tout chaud, avec cette petite croûte dorée croustillante et cette senteur délicate, appétissante de beurre frais qui vient te chatouiller les narines, faire de tes glandes salivaires les chutes du Niagara ou du Zambèze (qui baise pas malgré son nom). Un fantasme si jouissif que tes papilles en fondent de désir tel le beurre dans la poêle à frire...

Bon. Imagine maintenant qu'un matin tu te réveilles parce qu'on sonne à ta porte. Tu ouvres et c'est ton fantasme (comment il a sonné? Avec l'une de ses "pointes" tiens pardi!) Tu es au bord de la pâmoison devant sa "chair" (c'est un croissant n'est-ce pas, pas une côte de boeuf!) soudain incarnée et il est tout comme tu l'avais imaginé: il sent bon et sa dorure te fait de l'oeil. Tu déglutis les chutes du Zambèze dans to…

Compte à rebours

Ô Mère.

Pendant qu'on t'assassine
pendant que tu râles à travers tous tes oiseaux,
tes baleines et tes lions,
pendant que disparaît ta musique d'abeilles,
que le silence tombe sur la Terre
comme sur un cimetière,
avec tous les autres, je fais bonne figure.

J'écris l'amour pour assécher le désespoir,
j'écris à mon coeur puisque c'est écrire au tien,
puisque nous sommes tous liés
- moutons noirs moutons bleus -
dans la même gerbe de blés tombée dans le feu.

Ô Mère, ma lumière avec toi s'éteint
Et je souris encore, pour protéger les miens.

Je porte le masque des jours glissants
rapides sous la faux,
et pour ne pas mourir trop vite
j'écoute de plus en plus souvent
ton chant toujours puissant en moi,
qui monte et fait de ma bouche un appeau.
Je suis bien trop petite pour être ton porte-voix,
mais je ne sais plus vivre
sans être vive de toi.


2017

Ce qui restera

Il y a un peu plus d'un an disparaissait l'une de mes plus anciennes amies de toile. Elle était poète et s’inquiétait de ce que deviendraient ses textes après elle. Quelques semaines avant son décès soudain elle s'en ouvrait encore à moi. Certes on peut toujours se dire que ce ne sont que des mots, mais en vérité c'est bien plus que ça.

"J'écris pour que le jour où je ne serai plus
On sache combien l'air et le plaisir m'ont plu,
Et que mon livre porte à la foule future
Combien j'aimais la vie et l'heureuse nature."  Écrivait Anna de Noailles. Andrée sodenkamp, cette immense poète belge quasi-inconnue, écrivait à sa manière très terrienne et charnelle qu'elle nous porterait à travers ses poèmes "de beaux morceaux de corps".

Agnès est partie sans avoir eu le temps de rien. Je vais donc me laisser "à ceux qui se hasardent à chercher dans les mots l'ombre des pauvres morts" *.

Pour cela j'ai ouvert un blog-recu…