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Affichage des articles du mars, 2014

Du véritable amour

"...car l'amour, par définition, est un cadeau non mérité ; être aimé sans mérite, c'est même la preuve d'un vrai amour. Si une femme me dit : je t'aime parce que tu es intelligent, parce que tu es honnête, parce que tu m'achètes des cadeaux, parce que tu ne dragues pas, parce que tu fais la vaisselle, je suis déçu ; cet amour a l'air de quelque chose d'intéressé. Combien il est plus beau d'entendre : je suis folle de toi bien que tu ne sois ni intelligent, ni honnête, bien que tu sois menteur, égoïste, salaud."

Kundera. Article à lire chez mon amie Kagire (lien "La petite table sous l'alisier")

Les yeux d'Emma

Un ciel a percé

crevé

sa bulle d'orage
perforé sa membrane
a coulé à pic

s'est vidé

jusqu'à l'ultime goutte
comme un grand sablier bleu
au creux de tes yeux
emplissant la plaine immense de tes orbites
de l'idée des anges et des dieux.

Miroir d'eau.

Il n'y a jamais eu de tempête
seulement une insondable paix
dans ton regard aussi neuf que le monde.
Passage.
Porte. Il y a des portes partout
l'aube de ta prunelle est la plus évidente.
Je vois le gué pour rejoindre un seuil
et sans appréhension, je traverse.
Le coeur qui s'essaie à la lumière
est l'obole
ton sourire est la clé
et tu offres à mon âme éblouie

un droit d'entrée.





2007

D'un rêve chenu

Fin d'un rêve
mais n'en cherche point d'autre
car ai trop souffert
d'être perdue aux brumes
me faut écarter de ma tête
les restes les escarbilles de braise
qui volent encore
me transpercent les yeux les tempes
la poitrine pour s'y planter
en graine et tenter encore
encore encore d'y germer
d'y fleurir
ne veux plus de ces printemps
qu'il me suggérait
puis m'arrachait de la nuque
à coups d'hivers
et de mots durs.
Ne dira plus rien
ne bougera plus, s'endormira pour cent ans
et plus.


2014

...

Le livre de Poonh

Page seconde



              "- Il m'arrive de drôles de choses ces temps-ci tu sais Ooor. Je crois que je suis en train de faire une nouvelle mue...Je suis là assise au bord d'une vie et d'un coup cela pousse de l'intérieur de mon corps.

Les filaments.

Une multitude de filaments. Blancs, lumineux, vivants. Comme ces gracieuses anémones de mer, ils ondulent doucement dans l'air comme dans le vent. Je ne sais pas ce que c'est d'où ça vient, en tout cas c'est en dehors de ma volonté. C'est là et ça vit. Je ne suis pas le "noyau". Le point de départ du phénomène est ailleurs, loin, en dedans au-dehors.

Les filaments viennent caresser l'autre qui ne sent rien, ne voit rien. C'est très doux, non invasif. Peu à peu mon vis à vis est enveloppé dans une gangue luminescente. Et quoi qu'il dise je ne peux que l'aimer. Le comprendre jusqu'au fond de lui-même. Cette chose c'est de l'amour qui se matérialiserait ...juste p…

Mon Bien-Aimé

La flamme de ma passion pour toi m'avait brûlé de fièvre
Dans le ruisseau de mon coeur, ta parole était l'eau
Cette eau était un mirage, cette flamme un éclair
Déjà l'histoire est passée, comme si c'était un rêve.


Djalâl-od-Dîn RÛMÎ

Isopérimétrie

Mon âme est agrandie
par tous ceux que j'aime
par tous ceux qui m'aiment (et qui ne sont pas forcément les mêmes)
par tous ceux qui me touchent
par tout ce qui me touche
mon âme est agrandie.

Parfois je me sens comme cette peau de boeuf de Didon...




Dinette

Petit visage d’enfant, minuscule sagette,
Rosi par les cris, le jeu, la joie
Éclairé par deux gouttes bleues
Où si souvent je me jette
Et de bonheur me noie,
Petit visage, le poème d’Emma
Qui dit la vie simple, le doux plaisir d’être là
Dans un grand sourire ouvert
Sur de petites dents de chat.

Enfance, merveilleuse enfance
Trésor à chérir, avec sa dinette
Dans la cabane de bois, ses déjeuners d’herbe
Et de pâquerettes
Ses cafés pour semblant, ses ballons rouges,
Et tous ces rires dont on se souviendra, demain
Tout au fond des tempêtes.

Mais pour l’heure, la joie rose d’Emma
Fait fi des futures tempêtes
Dans un éclat de rire tout blanc,
De petites dents de chat.

2009  Photo personnelle