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Épiphanie

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Tu vois j'ai fini par comprendre. En revoyant ces mots qu'il avait écrit à mon intention -et ceux-là il n'y avait aucun doute qu'ils m'étaient destinés -  cela m'a frappé de plein fouet. La stupidité de toutes ces années, ce temps perdu dans une relation sans objet. Il n'était pas celui que j'espérai et je n'étais pas non plus ce qu'il attendait. Un double aveugle. Lisant ses mots j'ai ressenti puissamment l'urgence de mettre fin à ce fatras d'incompréhension, de doutes, de faux-semblants, de mensonges, de douleur. J'ai ressenti de la honte aussi: comment ai-je pu me fourvoyer, me mentir à ce point?

C'est un adieu. Je le sais depuis un moment déjà, il n'y aura plus de retour. La raison commande et la folie obéit. Il faut mettre un terme, un point final à ce sombre ouvrage de destruction qui dure depuis une décennie.

Disparaître. Bombarder les ponts et les routes, clouer toutes les portes et les volets clos sur les fenêtr…

Panem

Je crois que j'ai compris l'importance de la terre lorsque j'étais enfant. Que pauvres et citadins nous ne devions parfois nos repas qu'à la générosité de pépé et mémé Chardin. Qui eux avaient une modeste ferme dont la moitié des bâtiments étaient en ruine, mais qui comportait encore de beaux champs de blé, un long verger tout au bord de l'Isère et un potager qui était une vraie corne d'abondance. Vernaison est si lumineux dans ma mémoire, tant d'amour coule encore de ce souvenir. Le chemin de cailloux blancs qui mène à la ferme, puis sa pente douce devant les écuries, le hangar où sont rangés machines et outils. Puis la maison a un étage, la porte en bois immémoriale. L'odeur particulière de vieilles pommes et d'encaustique quand on entrait.

J'avais trente ans quand je me suis décidée à demander à mon père qui était l'homme en grand uniforme dont le portrait peint trônait juste au-dessus de la place à table du patriarche. C'était le gr…

Citation

L’amour, c’est l’occasion unique de mûrir, de prendre forme, de devenir soi-même un monde pour l’amour de l’être aimé. Rainer Maria Rilke

Convalescence

Va mieux. Mains à peu près utilisables. Doigts encore un peu capricieux (surtout ce gougnafier de majeur..) Épaules? La gauche fait encore des siennes, la droite presque opérationnelle. Bref, je sors d'une grosse crise de...on sait pas trop quoi, qui m'a laissé sans bras ni mains pendant plus d'un mois. Impossible de rester plus de dix minutes devant le clavier. Etre dans cette situation handicapante m'a beaucoup fait gamberger -oui, je sais man: je pense trop. Je vais changer des choses dans ma manière de gérer ce blog. L'ouvrir. L'aérer. Le nourrir. Y mettre au possible un peu plus de joie. "Parler d'sa vie" comme disait Goldman...De la poésie toujours.

A pluche donc.

Chaque fois

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Chaque fois que le lent mouvement des astres
qui régit l'univers
me ramènera vers toi
ne sauras-tu jamais m'accueillir
que pour me briser le coeur?
Tant de froide distance, de lippe pincée
de portes ouvertes puis refermées, dressé que tu es
sur ton propre rocher, tour à tour brûlant
puis frileux, triomphant et vaincu,
me refusant la parole
et moi les mains encore tendues.
Mais fragile sur mes deux pieds,
et si sûre de rien, car toi fuyant
instable, me donnant à nouveau le branle
le signal du départ pour que je m'éloigne,
me voilà à nouveau saisie
tirée en arrière, frappée par la voix trop claire
du clairon de la retraite,
me voilà emportée
dans le lent mouvement des astres,
où s'accordent ténèbres et lumière,
mais nous, jamais.


2019




Ce qu'on devine...

Tout d'abord à vous mes gentils camarades de blog: Bonne année.

Même si j'ai de plus en plus de mal à dire ces deux mots compte-tenu du contexte social: Bonne année. Au moins à vous si ce n'est à tous. Que les jours vous soient doux, que ceux qui vous entourent vous soient tendres. Que votre santé se renforce si elle est défaillante, qu'elle soit égale à elle-même si elle est bonne. Je vous souhaite d'avoir assez pour vivre dignement. Et c'est déjà pas mal n'est-ce pas?


Particulièrement absente de mon blog et du champ poétique pour cause de marasme personnel et de recherches généalogiques entre autres. Je m'en suis ouverte souvent sur ce blog, vous savez à quel point les "racines" sont importantes pour moi qui me suis toujours perçue comme une graine épiphyte. J'ai fait des découvertes bouleversantes, des gens ont surgi du passé et à travers quelques lignes dans les registres j'ai pu apercevoir leur vie, leurs drames. Comme j'avai…

...

Ma mère cet océan.
Jean-Michel Ribes