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Ithaque

Avec toi
Sans toi
Mieux qu'Ulysse
J'ai fait un long voyage.

Quelque part
Entre ciel et mer
J'ai dû t'abandonner
Enfin résignée
Aux jupons rouge, à la chair cuivrée
De toutes tes Circé.
Tes chants appartiennent
Aux sirènes aux danseuses
Dont tu baisais les pieds.
Dans mes oreilles
Tout n'était que mensonges.

Il n'y aura plus de voyage
Sous les voiles ailées
Je disparais
Dans la chaleur vibrante
La douce constance
D'Ithaque.



2019

Citation

L’amour, c’est l’occasion unique de mûrir, de prendre forme, de devenir soi-même un monde pour l’amour de l’être aimé. Rainer Maria Rilke

Histoire de fantômes

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Marie avait vingt-sept ans. J'en avais quatorze. Mes parents avaient fait la connaissance de ce couple quelques temps auparavant et ils étaient devenus presque inséparables. Il faut dire que Marie avait un charme fou et qu'elle était pétillante, volubile. C'était une jolie blonde coiffée en pétard avec de beaux yeux verts. Son mari Jean, était un homme effacé qui semblait une pauvre petite planète absorbée par un immense soleil. Ils avaient une fillette de trois ans dont il s'occupait beaucoup.

J'étais alors passionnée de mystères, de vie extraterrestre, de contes, tout ce qui était étrange me fascinait. Mes lectures tournaient autour de Lovecraft, Poe ou Hitchcock. Marie, elle,  faisait tourner les tables. Je veux dire qu'à l'occasion elle pratiquait le spiritisme. Un soir où je me moquais gentiment de ce qu'elle nous racontait elle s'était tournée vers moi et m'avait dit d'une manière très véhémente: "Et si je te disais que là mainte…

Convalescence

Va mieux. Mains à peu près utilisables. Doigts encore un peu capricieux (surtout ce gougnafier de majeur..) Épaules? La gauche fait encore des siennes, la droite presque opérationnelle. Bref, je sors d'une grosse crise de...on sait pas trop quoi, qui m'a laissé sans bras ni mains pendant plus d'un mois. Impossible de rester plus de dix minutes devant le clavier. Etre dans cette situation handicapante m'a beaucoup fait gamberger -oui, je sais man: je pense trop. Je vais changer des choses dans ma manière de gérer ce blog. L'ouvrir. L'aérer. Le nourrir. Y mettre au possible un peu plus de joie. "Parler d'sa vie" comme disait Goldman...De la poésie toujours.

A pluche donc.

Chaque fois

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Chaque fois que le lent mouvement des astres
qui régit l'univers
me ramènera vers toi
ne sauras-tu jamais m'accueillir
que pour me briser le coeur?
Tant de froide distance, de lippe pincée
de portes ouvertes puis refermées, dressé que tu es
sur ton propre rocher, tour à tour brûlant
puis frileux, triomphant et vaincu,
me refusant la parole
et moi les mains encore tendues.
Mais fragile sur mes deux pieds,
et si sûre de rien, car toi fuyant
instable, me donnant à nouveau le branle
le signal du départ pour que je m'éloigne,
me voilà à nouveau saisie
tirée en arrière, frappée par la voix trop claire
du clairon de la retraite,
me voilà emportée
dans le lent mouvement des astres,
où s'accordent ténèbres et lumière,
mais nous, jamais.


2019




Ce qu'on devine...

Tout d'abord à vous mes gentils camarades de blog: Bonne année.

Même si j'ai de plus en plus de mal à dire ces deux mots compte-tenu du contexte social: Bonne année. Au moins à vous si ce n'est à tous. Que les jours vous soient doux, que ceux qui vous entourent vous soient tendres. Que votre santé se renforce si elle est défaillante, qu'elle soit égale à elle-même si elle est bonne. Je vous souhaite d'avoir assez pour vivre dignement. Et c'est déjà pas mal n'est-ce pas?


Particulièrement absente de mon blog et du champ poétique pour cause de marasme personnel et de recherches généalogiques entre autres. Je m'en suis ouverte souvent sur ce blog, vous savez à quel point les "racines" sont importantes pour moi qui me suis toujours perçue comme une graine épiphyte. J'ai fait des découvertes bouleversantes, des gens ont surgi du passé et à travers quelques lignes dans les registres j'ai pu apercevoir leur vie, leurs drames. Comme j'avai…

...

Ma mère cet océan.
Jean-Michel Ribes