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Articles

Affichage des articles du mai, 2016

Au revoir mon amie

La conversation est restée en suspens dans la petite fenêtre du tchat.

C'est comme si tu allais revenir et la reprendre où nous l'avons laissé. Je ne peux pas la supprimer. Il y a dans ces dernières paroles échangées tant de bleu et de rose. Le bleu de tes doutes, de tes craintes, et le rose soudain de cette décision de faire enfin ce recueil de textes mythologiques que j'aimais tant (et d'autres avec moi). Et cette Perséphone, cette "fille courbée", elle m'a tellement parlé de toi..


La conversation est restée en suspens. Imagine-t'on que l'on ne va jamais revenir la terminer? Imagine-t'on que l'on va périr aux alentours de Noël? Imagine-t'on que l'on va foudroyer les siens et tous ceux qui nous aime, les laisser pétrifiés de stupeur? Non, tu me parlais comme nous parlons tous: comme si nous étions éternels.

Mais nous ne le sommes pas. Hâtons-nous de dire à ceux qu'on aime la lumière qu'ils nous inspirent, la lumière qu…

Philippe MOREL

Résurgence

Après qu'il soit parti.

Après qu'il l'ait abandonné au sol comme un fruit mordu.

Pelée brutalement de tout ce qui la recouvrait - maigres remparts de toile - elle n'a pas bougé.
Elle a regardé les étoiles.


Elle a regardé les étoiles, leurs faces pâles
et désolées, mais qui encore brillaient,
palpitaient dans la nuit de l'homme,
en perçaient toute l'obscurité
pour s'en sauver.
Elle n'avait plus que deux yeux
qui regardaient les étoiles,
et ce corps fouillé, martelé de coups de reins sauvages,
elle refusait d'en percevoir la douleur
l'affreux outrage:
ce n'était pas le sien.


Elle regardait les étoiles,
et les étoiles   - une à une -   sont tombées,
ont coulé sur son front, sur ses lèvres sèches de cris,
sur ce corps nu inerte, abandonné

à la lumière maternelle  et lentement, très lentement
les étoiles  l'ont lavé du viol,

doucement ramené du côté de la Vie.
2016



...

J'ai peur


J'ai peur.
Etrange ce mot qui semble inachevé. PEUR. Quatre lettres qui me nouent jusqu'à l'âme.
Oh pas besoin que vous me chantiez le couplet du "inutile d'avoir peur puisque ça ne changera rien". Oui certes. Pour l'heure j'ai mal au ventre, à l'âme, je me sens pat, prisonnière d'un jeu où je ne suis plus -comme des milliards d'autres- qu'un PION.
Et plus encore j'ai peur pour toi mon ange qui n'a pas demandé ta douleur mais qui l'a reçu au creux le plus doux de ton enfance. J'ai peur qu'un jour il n'y ait que l'argent-roi et plus rien pour les gueux, j'ai peur qu'on te laisse mourir sans vergogne.
Et par-dessus tout, j'ai peur de devoir comme Marie, comme Marie...








Sous le boisseau

Je vois une très faible lumière
un or pétillant d'une vie nouvelle
dont quelques modestes éclats tentent encore
d'échapper à l'huile noire d'une nuit d'encre
qui tombe de mains d'hommes sur les hommes
comme un sable sans fin
et la lumière palpite si faiblement
que je crains qu'à tout instant
l'obscurité l'emporte.

C'est aujourd'hui ou plus jamais
que les peuples du monde se dressent
et vont partout assemblés, le front barré d'étincelles.

Deux voies étroites s'offrent à nous,
l'une va vers la lumière, l'autre vers notre destruction.


2016