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Affichage des articles du décembre, 2013

Merveilleux...

La flûte de roseau (Djalâl ad-Dîn Rûmî)

"Ecoute la flûte de roseau, écoute sa plainte,
Des séparations elle dit la complainte :
Depuis que de la roselière on m'a coupée,
En écoutant mes cris hommes et femmes ont pleuré.
Pour dire la douleur du désir sans fin,
Il me faut des poitrines lacérées de chagrin.
Ceux qui restent éloignés de leur origine
attendent ardemment d'être enfin réunis.
Moi j'ai chanté ma plainte auprès de tous,
unie aux gens heureux ou malheureux, à tous.
Chacun, à son idée a cru être mon ami,
mais personne n'a cherché le secret de mon âme.
Mon secret pourtant n'est pas loin de ma plainte,
Mais l’œil ne voit pas et l'oreille est éteinte.
Le corps n'est pas caché à l'âme ni l'âme au corps,
ce sont les yeux de l'âme seuls qui pourraient le voir.
Le chant de cette flûte c'est du feu non du vent,
Quiconque n'a pas ce feu qu'il devienne néant.
C'est le feu de l'amour qui en elle est tombé
Et si le vin bouillo…

Joyeuses fêtes à vous

L'Amoureuse

Elle est debout sur mes paupières Et ses cheveux sont dans les miens, Elle a la forme de mes mains, Elle a la couleur de mes yeux, Elle s'engloutit dans mon ombre Comme une pierre dans le ciel.
Elle a toujours les yeux ouverts Et ne me laisse pas dormir. Ses rêves en pleine lumière Font s'évaporer les soleils, Me font rire, pleurer et rire, Parler sans avoir rien à dire. 

Paul Eluard in "Capitale de la douleur".


Du temps perdu

Parce que ce serait du temps perdu
et que je n'ai plus beaucoup d'eau
dans ma clepsydre
je m'éloigne pour ne pas te haïr.

Parce que tous les malentendus
ces mots qui m'ont rayé le coeur
comme un vieux disque
qui bute contre une larme
plutôt qu'un rire,
partir.

Tourner la tête en emportant ses yeux
aussi loin que possible
donner tout au fond une poussée
et défaire l'attraction
qui n'entraine qu'à l'abime.

Parce que le fol espoir à les cheveux bleus
du ciel
et qu'en moi l'amour toujours d'en haut
appelle,

partir.

Parce que j'ai déjà perdu trop de temps
à caresser les chimères,
les contours d'un rêve saugrenu
plein d'épines,
puisque tu ne m'aimes pas
et que je ne t'aime plus,
partir.


2013




Bilan au deux tiers

Il me disait qu'il n'avait besoin de personne pour avancer.

Je n'ai pourtant jamais connu quelqu'un qui avait autant besoin des autres. Qui était aussi heureux de s'enfermer avec quelques uns.Pour avoir chaud. Pour ne plus trembler.

J'ai longtemps brûlé de faire "partie de". Des miens, des siens, d'être avec les autres ou quelques uns. Dès l'enfance j'ai démontré ce que l'on appelle des "qualités de chef". J'étais le moteur capable de mettre tout un groupe en marche. Puis j'ai grandi. J'ai laissé beaucoup d’enthousiasme aux blessures de l'adolescence. Ma véritable nature a pris le dessus je crois. Je me suis détachée naturellement des groupes pour en devenir l'observateur. Et ce que je voyais ne me plaisait pas toujours.

Le groupe sépare.De tous les autres. Du monde.Je ne voulais pas être séparée et sans vraiment m'en apercevoir je me suis satellisée. J'ai commencé à monter. De plus en plus haut. …

Jardin des délices

Cauchemar, cauchemar,
noirceur humaine, crimes
assez dans ma tête des horreurs
pourquoi ne pas rêver

chevaucher ton éperon violet dans le soir prune
et or
te boire par l'univers tout entier
de ma peau
t'embrasser, te lécher
à te dissoudre homme de sel,
t'embrasser encore boire sur tes lèvres
ton eau, ta chair
la presser sur mes seins
dans ton dos mes deux mains
et peu à peu toute à toi fusionnée
soulevée
par tes reins vers un ciel
si haut qu'insoupçonné!

Cauchemar, cauchemar
crimes sans fin, violence des hommes,
enfer sur Terre
j'en veux tout effacer
et que ma pensée couchée au sopor
soit à ta brûlure réfugiée.

2013