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Arbonaissante



J'ai un arbre dans la tête. Tu te rends compte!

J'ai un arbre dans la tête. Enfin, la canopée (ça se voit là, dis, que j'ai des feuilles qui me sortent des oreilles?), le fût je le sens dans ma gorge (il m'oblige à tenir la tête droite)  et les racines sont plantées dans ma poitrine. Les racines font un moïse où reposent mes organes internes. Puis elles cheminent vers le bout de mes doigts, dans mes pieds et au-delà. L'Arbre me relie.

Je le sens.

Je suis éblouie, émerveillée. Que tu aies mis enfin l'explication sous mes yeux.

Et tous ces trucs en moi avec lesquels je composais au mieux, luttais au pire, c'était du pain béni.

Cette impulsivité que d'autres appelaient violence, cette émotivité que d'autres appelaient sensiblerie, mon incapacité notoire à gérer l'ampleur effarante de ce qui me débordait trop souvent. C'était cadeau. J'étais un être amplifié par l'Arbre. Simplement.

Quand je regardais une fleur je tombais plus loin que son coeur: c'est l'univers qui se faisait une petite bouche et  m'avalait. Le ciel, si j'osais lever la tête, me buvait, ou me noyait en se vidant d'un coup dans mon gosier. Mais d'une façon ou d'une autre il m'absorbait. Toutes ces sensations sous mes doigts, ces parfums dans mes yeux, cette musique dans ma nuque. La solitude dans le groupe...le repli. L'isolement.

Et cette insatisfaction permanente qui me paralysait quand je bouillais pourtant d'agir, cette soif d'absolu, de perfection. Ces milliards d'idées, d'envies, qui ne se réalisaient pas parce que je ne m'estimais pas capable. Mon égo que je tabassais s'il montrait son vilain museau. Cette manière de voir tout d'emblée, de prendre les autres dans la gueule tout le temps. Leurs douleurs, leur mal-être, deviner les blessures au fond des yeux et en être déstabilisée. Ce calvaire de voir celui des autres. Savoir que l'on pourrait faire "quelque chose" et ne pas le faire parce que de quel droit on le ferait. Quelle légitimité?

C'était l'Arbre.

C'est l'Arbre qui a fait de moi un gland.

Alors que tout pourrait fleurir. Exploser comme le printemps. Mais maintenant que j'ai compris de quoi je suis capable, je peux me camper sur mes deux jambes,

et rayonner de toutes mes branches.




Commentaires

  1. Intéressant ce texte !
    Et puis, avoir un arbre dans la tête, c'est mieux qu'avoir un petit vélo…!
    :-)
    Sinon, pour la photo : vive Photoshop !

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    Réponses
    1. Rireee ^^ Tu crois Alain? Un petit vélo ou un arbre avec des piou-pious n'est-ce pas être toujours un drôle de zèbre (quelle ménagerie!!).

      Oui je sais que tu "pratiques" aussi photoshop. Il y a longtemps que je gratte la bête et je me débrouille. Surtout avec les photos, mais là ce n'est pas de ma patte, c'est trouvé sur le net :)

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  2. J'ai envie de t'embrancher! ... Aie! A postériori "immédiat" ma phrase est ambiguë... Mais toi tu sais qu'elle est tendre quelles qu'en soient les ramifications

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  3. J'avais lu "embrasser", tu vois que je te lis comme il le faut ;)

    J'ai commencé à lire ton ouvrage beau chêne. C'est très troublant, j'ai la sensation de te voir tout nu. Il y a beaucoup de toi dans ce Rémi n'est-ce pas? Je te dirai pour la suite, je lis lentement, le soir je suis vannée et mes nuits restent agitées de tempêtes...

    Bises mon Gémeau

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  4. Et oui!...
    Pour le livre, un chapitre maximum par jour de préférence le soir au coucher! Sinon il est vite rasoir, surtout la première partie un peu souvent à l'eau de rose. Paul, Rémi, Louis et Tom sont les prénoms de mes fils. Il n'était pas question que je les raconte, donc je joue(suis?) les quatre, mais je garde quelques vêtements. Si mes chapitres pouvaient au moins t'endormir sans t'assommer, j'en serais ravi, mais c'est pas gagné, alors privilégie tes méthodes zen. Et si tu vas jusqu'au chapitre 21, celui-là il vaut mieux éviter le soir et les environs des repas car c'est le seul comme ça, mais il est vraiment dégueulasse voire insoutenable car plutôt réussi dans le genre(pas de quoi se vanter là-dessus malheureusement). Celui qui me tient à coeur, c'est le 23 même s'il peut paraître décousu. Mais tu as bien le temps, tout ça ne changera pas ta vie, soigne-toi et vis tes enfants...
    Bises

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