Pour évoquer sa foi, l’homme moderne doit se montrer rigoureux. Si on me pose la question « Dieu existe-t-il ? », je réponds « Je ne sais pas » car, philosophiquement, je demeure agnostique, unique parti tenable avec la seule raison. Cependant j’ajoute «Je crois que oui.» La croyance se distingue radicalement de la science. Je ne les confondrai pas. Ce que je sais n’est pas ce que je crois. Et ce que je crois ne deviendra jamais ce que je sais."
La nuit de feu - Eric-Emmanuel Schmitt
De la sagesse...
....
A propos d'un pull délicat....
"Bien sûr que la laine se lave:
Tu as déjà vu des moutons avec des parapluies??"
Nuance
"En notre siècle où, comme jadis, on tue au nom de Dieu, il importe de ne pas amalgamer les croyants et les imposteurs : les amis de Dieu restent ceux qui Le cherchent, pas ceux qui parlent à Sa place en prétendant L'avoir trouvé."
(La nuit de feu - Eric-Emmanuel Schmitt)
Profil
Tu t'entoures de Janus au profil de médaille
dont chaque revers t'est défavorable.
Tous sont des loups qui voient la bête malade
tu relèves brave ta frêle carcasse barbouillée
de leur indifférence et de ton sang.
Joue encore au chasseur pauvre petit pâtre,
les princesses aux yeux pers portent des tiares
ornées de dents de diamants où ton coeur
laisse bien plus que de la chair
et quelques sentiments.
Mais c'est ce que tu veux, ce que tu appelles,
de toute la puissance de tes vanités.
C'est donc ce que tu auras, encore longtemps.
2015
Accordée
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| Tracy Cheng |
Il m'écoute chanter l'amour
sans angoisse,
il sourit, il est calme en son coeur.
Il sait que ma peau est à lui
mon sang, ma sueur,
mes rires d'oiseau moqueur,
ma fourrure, sinon ma plume.
Il devine ma tête de pigeon voyageur
qui vole loin de lui
vers des mers intérieures,
des terres où il n'est pas seigneur,
où d'autres parfois m'appellent
et me retiennent.
Mais il sait aussi que je reviendrai toujours
puisque tout contre lui,
mes racines demeurent.
Son intuition lui dit
qu'aucun autre jamais n'aura de bras
pour mes peurs.
Et même s'il me sent troublée par des mots
des baisers d'ailleurs,
il est à mon âme de lierre
le chêne compagnon, pour monter vers la lumière
mon essentiel tuteur...
2015
Madeleines
Rien ne m'évoque plus l'été que le pin parasol.
Même au creux blanc de l'hiver
Contre son tronc de grand brûlé
Flotte l'odeur de la garrigue surchauffée.
Marcher sur le tapis glissant
De ses aiguilles tombées
C'est agiter la Provence
Comme un mouchoir parfumé.
J'aime aussi le peuplier. Son allure toujours juvénile
élancé comme une jeune fille.
Et sa menue monnaie
qui bruisse dans les poches du vent.
La peupleraie de mes souvenirs d'enfance,
anormalement alignée par une main d'homme,
frémit et chante et grince à jamais
dans mon corps caisse de résonance.
Je suis encore l'enfant allongée
le dos contre la terre, les yeux dans ceux d'un ciel
où tente de s'envoler
des milliards de feuilles argentées.
Et ce chant qui s'élève
c'est celui des esclaves qui ne peuvent
se libérer.
2015
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