Premier novembre

 







Je n'ai pas d'attachement

à cette tombe,

cette poussière d'une lionne défaite.

Ma mère était trop flamboyante

pour n'être plus que froide cendre.

Je la garde brûlante 

dans mon coeur calme et frais,

elle m'accompagne chaque jour

d'un amour pacifié.



2024

15 commentaires:

  1. Merci Dé pour ce bel hommage à celle "flamboyante" qui t'a donnée la vie... et le coeur ému j'ai goûté tes mots nourris d'amour.
    Ainsi tu prolonges ton regard et le nôtre plus haut et plus loin en ce jour de la Toussaint.
    Merci à toi.

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    1. Merci à toi d'être passée Den et d'avoir semé tes doux petits cailloux...je n'ai jamais aimé la Toussaint. Je n'aime pas novembre non plus même s'il ne m'a rien fait ;)

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  2. Quelle belle manière de parler d'amour pour ce 1er novembre.
    Il fut un temps où j'aimais les cimetières pour la beauté de leur calme. J'y côtoyais des inconnus ordinaires qui avaient aimé et souffert, comme nous tous. Ça nous rapprochait.
    La dernière fois où je suis entré dans un cimetière c'était pour enterrer mon père quelque part là-bas en Ardèche il y a maintenant 35 ans.
    Le temps à tout pacifié, tu as raison. L'amour est éternel.

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    1. Tu sais chaque fois que je traverse le cimetière pour aller sur la tombe de ma mère je ne peux m'empêcher de lire les noms sur les tombes. Ce ne sont pas que des noms, ce sont des vies passées, certes, mais des vies qui ont comptées pour quelqu'un. J'en ressens une sorte de triste nostalgie troublante.
      Je fais de la généalogie, c'est une manière de faire renaître les personnes du passé. Je ne sais pas trop pourquoi c'est important pour moi, pourquoi cela m'apporte tant de joie. Retrouver mes racines sans doute, mais pas que.
      Ce texte si l'envie m'en prenait je ne pourrai pas le partager à ma famille, mes soeurs, personne ne comprendrait. Pour eux la sépulture de maman c'est le lieu de son dernier repos. Alors que pour moi elle n'est pas "là". Le petit véhicule qui transportait sa vie a été brûlé. Il ne reste que son essence, son esprit, son âme. Et je ne peux concevoir qu'elle se tienne assise sur son urne. On porte ceux qu'on aime en nous.

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  3. Rien à dire: tu as toujours les mots exacts pour chaque sentiment subtil. Tel celui qui nous étreint quand, le jour venu de célébrer les morts, on craint d'être une mauvaise fille parce que l'on ne va pas sur la tombe de ses parents. C'est quand on ne le craint plus, et qu'on envoie valser les convenances, les conventions qui tendent à réduire l'amour à un bouquet de chrysanthème, oui c'est à ce moment-là que tout est pacifié.
    Tendres pensées chère désirée
     •.¸¸.•*`*•.¸¸☆
     •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

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  4. Bonjour Célestine, c'est dans la concision que je suis le plus "efficace" je crois. Quelques mots suffisent parfois pour exprimer le moins mal possible des sentiments très complexes. Diffus.
    Je suis complètement d'accord avec ce que tu dis à propos des convenances. Cela n'a aucun sens de venir une fois par an poser sur une tombe un pot de chrysanthèmes et de ne pas revenir une seule fois dans l'année. Et c'est parce que j'aime infiniment mes enfants qu'ils n'auront pas cette corvée quand je serai partie puisque je veux être incinérée et mes cendres répandues. Pas de tombe, pas d'obligations imbéciles.
    Bises amicales chère Célestine

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  5. C'est incroyable combien nos parents nous suivent après la mort, et bien souvent dans la journée je pense à eux, à mon passé, lointain et sans doute déformé par les ans, les souvenirs comme les montagnes se polissent avec l'érosion d'un temps qui a perdu le tic-tac des horloges d'autrefois.
    Réussir à apaiser un passé parfois tumultueux , c'est un long chemin.
    Curieusement j'ai de l'attachement à la tombe de mes grand-parents maternels.

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    1. Et j'y passe parfois, quand j'ai le temps, les convenances cela m'est égal, mais aller voir leur tombe au cimetière, ou juste passer devant, ça me fait du bien, ou plus simplement regarder la colline où ils reposent ça me réchauffe le coeur. J'ai l'impression qu'ils sont encore avec moi même si ils ne sont plus là.

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    2. Ma petit soeur a "besoin" d'aller sur la tombe de maman chaque semaine. Elle va gratter la terre, arranger les fleurs et surtout elle lui parle. Elle s'assoit au bord de la tombe et elle lui parle. Quatre ans après elle a encore beaucoup de chagrin. Son chagrin me cause du chagrin. Oui bien sûr que l'on a pas besoin de circonstances particulières pour aller sur la sépulture de nos disparus, chacun fait suivant son besoin. En quoi cela pourrait-il être mal venu...
      Comme je l'explique dans ce texte, maman a été incinérée. Peut-être est-ce parce qu'il n'y a plus de "corps" que je ne me suis pas attachée à ce lieu. Ma mère n'est vraiment "plus là". Enfin je pense que c'est ça...

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  6. Comme tu le dis dans un commentaire plus haut,
    le corps est un habit temporaire
    et lorsqu'il se désintègre, on voit mieux "cela" qui habitait le corps.
    C'est mon expérience concernant les miens maintenant passés de l'autre côté du décor.
    Je les vois bien mieux maintenant. kéa

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    1. Je suis d'accord avec toi Kéa. Il y aurait tant à dire sur ce sujet. Depuis vingt ans j'ai beaucoup évolué en tant qu'être humain. J'ai croisé ou lu des gens qui ont participés sans même le savoir à cette maturation. Et ces derniers jours j'ai réalisé que ce "travail" se poursuit: je vais peut-être mourir plus "sage" que je ne suis née ;) Tout ça pour te dire que ce "regard" sur les miens je l'ai depuis un bout de temps déjà. Une sorte de lucidité bienveillante. Cela m'a beaucoup apaisé. D.

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    2. À l'âge avancé où j'arrive et connaissant mon état de santé, j'engage ma réflexion sur le : « et pour moi ? Quoi ? » Je veux dire qu'est-ce que je veux qu'on fasse de mon corps ! J'oscille entre : 1) : je m'en fous — 2) : ils se débrouilleront — 3) : le four crématoire et qu'avec mes cendres ont fasse des sabliers pour cuire les œufs à la coque. [J'ai vu des modèles sur Internet] — 4) : je m'en fous (bis).
      Les filles m'ont demandé, j'ai parlé des œufs à la coque, j'ai eu comme réponse : papa ! Sois sérieux quand même !

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    3. Qu'est-ce que tu m'as fait rire avec tes oeufs à la coque ^^ Alors moi je suis plutôt dans un trip "nature et découverte", je me vois bien répandue dans un champ (bio de préférence: il ya beaucoup plus de compagnie en terme d'asticots, lombrics et autres insectes sympathiques) Ou j'avais vu un truc top: une sorte d'oeuf dans lequel on met tes cendres et une poignée de graines. Un chêne!! Aaaaah oui, ça, ça me plairait! Quoique. Au bout d'un certain temps vu à la vitesse avec laquelle les cathédrales flambent par chez nous il y aurait le risque d'être transformée en charpente! Ce serait toujours mieux qu'en chaise ceci dit et de devoir supporter de t... du c.l toute la sainte journée ; )
      Bref ne serait-ce que pour que ceux qu'on aime n'aient pas en plus à se poser des questions le jour de notre cassage de pipe il vaut mieux laisser des directives. Comme un dernier cadeau. Dire qu'on souhaite une grande messe (ils sont tous athées! Ah ah!) le machin bien long où le curé fait scandale en t'appelant "Jules" au lieu de "Virginie" (very Dick). Non moi ce que je veux c'est juste ce que j'ai glissé dans le linceul de maman et qui commence comme ça (parce que je le pense sincèrement) : "Le Seigneur est mon berger..." Des bises et tient bon la barre ;)

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