Parce qu'il faut le dire....

 




Comme un mantra

une prière

à tous les dieux, à tous les vents

à notre étoile,

parce que l'incendie gagne

les forêts et les coeurs,

que les printemps sont trop courts

et les étés trop longs,

parce que l'espoir 

comme la lumière sous le boisseau,

même pâle, même épuisé

demeure

et que l'apogée, l'âge d'Or

est à portée de nos mains paresseuses

il nous faut croire en nous

et avancer ensemble sur l'étroit chemin.

Alors bien que ce me soit de plus en plus difficile

avec le temps qui passe de le dire:

BONNE ANNEE!

Que les temps qui courent ralentissent un peu pour que l'on puisse encore encore apprécier ceux et ce qui nous entourent et que l'on aime tant, que la vie nous soit enfin douce. A vous, BONNE ANNEE et longue vie en santé...

De bonnes fêtes à vous...

 


Je ne pense pas repasser par ici avant la nouvelle année alors je vous souhaite à toutes et tous de lumineuses et douces fêtes de Noël. 

Mes plus amicales et bienveillantes pensées à vous, bises





Le silence

 


...sur la toile est souvent de mauvais augure. En me promenant de blog en blog je découvre que la belle Elisanne dont j'ai été assez proche il y a une quinzaine d'années est partie rejoindre les étoiles il y a un an.

Je repense à toutes les confidences très intimes qu'elle m'avait faites et qui m'avait permis de découvrir une autre femme derrière celle cultivée, raffinée, bienveillante qui animait un blog.

En vingt ans j'aurai vu disparaître bien des personnes appréciées, voire aimées. Je pense encore à elles, à eux, régulièrement. 

Liberté

 




Les heures passent

blanches et bleues

je ne dis rien

je n'appelle pas:

je joue le jeu. 

Mes dés sont pipés je le sais

le choix ce n'est pas moi

qui l'ait

ce sont les dieux, les arcanes

les augures, le hasard

ou peut-être la destinée.

Mes mains sont creuses d'impuissance,

ma tête est pleine de ton soucis.

J'use mon coeur sur des lames

des angoisses que tu juges absurdes

ma chérie. 

Autour de tes poignets

j'ai ôté les pauvres lianes

qu'autrefois j'y avais mis, tu es libre 

d'aller vers le bonheur ou le drame,

j'en accepte le pari.



2023

Au fond

 




Au fond des douleurs et des larmes,

des lacs épais aux eaux noires,

du silence en mon coeur dévasté,

tu n'es pas venu.

Près des montagnes où plus rien ne respirait,

quand mes lèvres étaient bleues

et que l'air m'écrasait, tu n'es pas venu.

Je n'attendais que toi

le monde s'était absenté.

Pourtant tu n'es pas venu.

Pas un mot pas une pensée,

pas un signe.

Alors ne me dis plus que tu m'aimes

je n'y croirai plus.



2023

Racines

 




Depuis que je m'adonne à la généalogie, je me suis souvent désolée que mes ancêtres étaient pour le moins timorés. Lorsqu'on regarde la carte qui les situent jusqu'en 1650 environ, on voit bien qu'ils sont tous du même coin, dans un rayon d'environ 50 kilomètres (en étant généreuse). Un seul "estranger": mon petit François. Déposé dans un tour d'hospice à Lyon en 1837. Sa mère a laissé une lettre dans laquelle elle demandait qu'il soit baptisé, malgré l'abandon elle lui faisait aussi le cadeau d'un nom et d'un prénom. La piste, malgré mes recherches s'arrête là. Qui était-elle? D'où venait-elle? Qui était le père? Mystère. Comment François a t'il  "atterri" dans la Drôme? Simple: il y a été placé chez un couple de fermiers à quatre jours à peine. Et il y est resté. Y a fait souche.

Voilà le plus "exotique" de mes ancêtres. J'ai souvent lu que tous les Français "descendraient" de Charlemagne d'une manière ou d'une autre. Dans mon cas donc, c'est d'une autre...je n'ai dans mon arbre que des paysans, des laboureurs, des manouvriers, parfois des paysans propriétaires de leur bien. Des tisserands. Malheureusement point de nobles, petits ou grands, dont la lignée remonte jusqu'à Mathusalem: une bénédiction pour tout généalogiste amateur car pour des raisons évidentes d'héritage et de lignée ceux-ci tenaient leur arbre à jour.

Jusqu'à cette semaine. Je remontais doucement l'arbre côté époux, par sa mère Normande quand je tombe sur l'inespéré: un noble! Bon, un petit, avec un petit château (Nacqueville). Mais en tirant doucement le fil je découvre non pas Charlemagne mais Rollon. Le premier duc de Normandie. Et ma fille hilare de s'exclamer:" Et bientôt tu vas me dire que mon ancêtre c'était Guillaume le conquérant??" Heu...oui. En ligne directe, par les héritiers mâles jusqu'à la Renaissance où le fil bifurque dans le giron d'une fille: Charlotte de Montmorency. A partir de là adieu veaux, vaches, cochons, titres et grands domaines. Charlotte épouse un petit seigneur de banlieue et les générations suivantes vont perdre grandement en prestige. Je trouve la chose étonnante. Et édifiante. Avoir été d'une famille comptant plusieurs grands maréchaux de France, conseillers des rois de l'époque, et petit à petit n'être plus que des anonymes. Des sans grades. Comme quoi, tout cela, même s'il perdure dans certaines familles, est bien volatil. 

Depuis j'ai appris que ces grandes familles ne divisaient ni les titres ni les domaines entre les enfants, l'aîné mâle héritait de tout, les autres devant se contenter des miettes. C'est ainsi que Charlotte épousa un petit seigneur campagnard avec sa petite dot bien qu'elle fût le premier enfant de ses parents.

Finalement, avec mon enthousiasme et ma fougue habituelle j'en parle à la famille, tout le monde se marre et mon époux se fait appeler: "sa majesté". Il n'y a décidément que moi que ce truc passionne. Ah si: ils sont contents d'être des "vikings". C'est déjà ça ;) 

Mes Nuits

 


La nuit me terrifie

le coucher ne m'est agréable que bercé

par la pluie.

L'eau claire dilue l'obscurité

et m'aide à respirer.

Le sommeil est un pays sauvage

cruel et sanguinaire, peuplé

d'hommes terribles.

Je ne m'y abandonne qu'en y tombant

comme une morte dans un trou.

J'y retrouve trop souvent les horreurs

que j'ai cru abandonner au bord

de mon lit, les crimes de sang, les bombes

les petits enfants disparus.

Jamais de paix, si peu d'amour,

de moins en moins de rêves doux,

 car c'est le monde qui me poursuit

me martèle les tempes, me bourrelle de cris,

c'est le monde vois-tu

qui dans la nuit ressurgit.


DT2023   

                                                                                      

"J'ai du sang dans mes songes, un pétale séché

Quand des larmes me rongent que d'autres ont versées

La vie n'est pas étanche, mon île est sous le vent

Les portes laissent entrer les cris même en fermant" JJ.GOLDMAN/Céline DION